LE pain frit
C'est drôle comme soudain, la mémoire se réveille!
Bien que partisan de l'abondance, d'une vie d'opulence, d'une morale de l'excès, voire du gâchis révoltant, quand on aura tué la faim dans le monde, je n'aime pas jeter du pain. Du coup, je me retrouve avec plein de pain dur que je file aux oiseaux, même aux plus cons, en souvenir de Chaval et de Mario Ruspoli: pas de discrimination.
Evidemment, j'ai ma floppée de recette de puddings, sucrés ou salés, de quenelles, de hachis boulangers à la viande ou au poisson, de panades de trucs élaborés depuis des décennies. Et puis...
Et puis au coeur du Nord, voici soudainement surgir ma Provence d'enfance! En regardant le pain dur ça revient. Mémé Vecchi! Le pain frit!
Vite, une poêle, V'lan! Plein d'huile d'olive... Du pain frit! Du pain dur frit, bien brûlant, bien doré, avec de l'ail, du basilic (ben là, il est congelé.. . on peut prendre d'autres herbes), du fromage râpé (parmesan.. mias un emmental, à fromage de chèvre dur, ça va aussi! Ou "le rouge", c'est-à-dire de la mimolette qu'utilisaient souvent les MArseillaises, jadis, car ce fromage arrivait du Nord sur le port,le port magique où le monde entier débarque sous forme d'épices, de produits, de tissus...). Une bonne giclée d'hule pimentée...
Et voilà,le pain frit! Avec un coup de rouge, si c'est pas le Paradis, c'est sa proche banlieue...