Le château intérieur, deux.
Créneaux comme des dents, le château que je loge provoque des morsures internes et répétées. Ainsi les forteresses qu’on porte à l’intérieur supportent nos sièges en nous poignant à cru. La forteresse intime sait alourdir le foie, endommager la rate qu’elle rend corbeau crevé. Bâtir à pierres vive prend le temps de l’espoir.
On se mange de ruines et de murs restaurés. Etranger, familier ce bâtiment subtil, en briques de beefsteak nous raconte notre histoire et les grandes batailles inutiles, fondatrices contre moi, l’ennemi. Ô ma pierre angulaire, quelle arête est si vive ?
Ma solitude s’acharne sur une tour ébréchée. Pourquoi donc s’attarder aux constructions anciennes ? Le château intérieur est toujours imprenable. Dehors, tous les chemins mènent où l’on ne veut pas. Devenons pèlerins pour revenir ici.
Les arcades des portes sourient toutes à l’envers. Le château intérieur se place à contre-ciel. Qui donc se promenait l’autre jour, dans les grandes salles vides ? Un commandeur pierreux ? Ou bien … c’est Sganarelle ?
La forteresse intime est bardée de silence…