Pain noir, lait cru, gâteaux à la crème...
Autrefois, le lait cru était le moins cher.On le faisait bouillir car il était dangereux, comme un produit naturel animal de l'époque.depuis,, on peut boire du lait cru. L'ennui c'est qu'il a souvent le goût de tourteau. Avant, c'était pas très bon mais supportable: ça ne plaisait qu'aux bourgeois de la ville... Et encore, ceux qui "faisaient du genre", jouaient déjà au "naturel" pas les gastronomes, les connaisseurs, les gens sans attitude ni frime.
On faisait donc bouillir le lait "à risques", dans le temps. A cause des maladies fort graves que l'on pouvait attraper... Le lait y prenait un bon goût, mais, surtout, la crème cuisait... Ah! ce voile de crème, cette "peau" qui en dégoûtait certains (c'est curieux comme il y a des caractères qui semblent toujours à la recherche du dégoût! Je m'en méfie);Mais que l'on plaçait dans un bol chaque matin au moment du bon café au lait (lequel ne peut se préparer qu'avec du mauvais café âcre, voire un peu de chicorée) et des grandes tartines de gros pain évidement blanc, c'est tellement meilleur et puis on n'en trouvait d'autre qu'à la ville: seuls les riches poseurs mangeaient du pain de campagne, du pain "bourgeois" devenu pain "de gauche" pour écolos à lait cru. A la campagne, le pain blanc ne porte pas, comme le gris et le noir, le souvenir des pains de misère, des pains noirs d'autrefois, des pains pour pauvres humiliés par les riches qui, en ce temps-là, étaient dégueulasses mais francs: à eux le bon pain blanc, le "pain gâteau", gros pain ou baguette!! Aux pauvres l'amertume des céréales dures à panifier...
Ceux de mon âge se souviennent peut-être des distributions de lai, à l'école, que décida Mendès-France à cause des dénutritions d'après-guerre... On raffolait du lait homogénéisé stérilisé au petit goût de caramel,presque autant que du lait chocolaté! Ca nous changeait de l'âcreté du lait cru que l'ébullition ne faisait pas toujours disparaître! Aujourd'hui, certains sont volontairement dénutris et mangent des pains aigres: la guerre est intérieure, personnelle et ronge le foie!
Cette peau du lait, dès qu'on en avait suffisamment, servait à préparer un gâteau, une sorte de gênoise à la fleur d'oranger.Ou encore de délicieux sablés, un peu épais... Mais il doit y avoir bien d'autres recettes. Il faudrait que je retrouve ces recettes.Et que j'achète du lait cru! Le frère de mon ancienne compagne était censier (fermier)mais je ne voulais pas de lait cru, évidemment. Du bon beurre, oui (on est au pays du maroilles, le beurre est riche, somptueux.De plus on n'est pas tombé dans le "label rouge" standardisant! Méfiez-vous, parfois, des appellations contrôlées!)... Enfin, la nostalgie du goût est fondatrice et Proust ne me contredira pas...
A propos d'appellation;Il y a des maroilles, des camemberts, des reblochons convenables à "Label rouge"... Et de sublimes. Cependant, c'esrt en limite de terroir officiel que j'ai souvent goûté de meilleurs fromages.Ceux que de petits fermiers faisaient pour eux et pour vendre sans avoir le droit du nom officiel. Et qui n'avaient pas les moyens, ni la production suffisante pour se payer le droit à l'appellation... J'ai eu la même aventure avec des vins formidables, en bordure des terroirs renommés. beaucoup moins chers et équivalents.Je mettais en bouteille et avec le fromage sans nom, ça ressemblait au paradis.Sauf que Dieu est un bourgeois du genre pain-noir-lait-cru-sucre-roux en lisant Charlie-Hebdo pour croire qu'on est à gauche...
Les pains modernes à "goût de terroir" fabriqué à,partir de mélanges de farines tout prêts avec le levain de seigle déshydraté? C'et parfois délicieux,mais avec certains fromages, certains plats...autrement ça dénature les goûts! Sauf certains, bien noirs, qui plaisent par leur aspect "bûcheron" ou je-ne-dais-quoi de rurale artificiel... Seulement quand on les goûte "à l'aveugle", on ne les distingue guère de certains pains blancs!
Ah, ce goût de terroir-caisse! On peut vendre de la merde si on la dit traditionnelle, de campagne ou naturelle! Là aussi nous assistons à un renversement politique: l'idée de terroir, de pain noir, tout ça étaient les dadas de la droite eanti-moderne et certain boulanger au pain plus que trop acide qui ronge l'estomac mais est "traditionnel" comme certain producteur de délicieux fromage au lait cru furent collabos d'une façon frénétique tous deux, fort célèbres, se marrèrent en voyant les gauchistes accaparer ce qui, pour eux, en représentait l'antithèse! L'inversion des valeurs fait qu'aujourd'hui, il n'y a plus de gauche mais des mangeurs de pain noir à qui "on ne la fait pas", amateurs d'argot (que le peuple n'aime pas, on en rerereparlera) artificiel et de pain de campagne urbain.
Dire que la Convention voulait du pain blanc pour tous! Le luxe à chacun, la dignité de citoyen, seigneur de lui-même! Il y a aujourd'hui plus qu'un mépris des symboles, mais une vraie trahison!