Et encore ça... Qui est"sitoyen"?
Sur l’Europe :
et plus loin : « les relations qui unissent l'Europe aux paysOr, dans son discours de Nîmes le 13 janvier, le président Sarkozy a évoqué à« musée des arts et des civilisations de la Méditerranée », et il a pris« entièrement consacré aux cultures des peuples de la
méditerranéens ».
deux reprises la création d’un
soin de préciser que ce musée sera
Méditerranée ».
[vous] a amené à infléchir et approfondir le conceptComment pouvez-vous vous prévaloir publiquement d’un rapport secret ?
scientifique et culturel ».
En effet, malgré les demandes réitérées des organisations syndicales, vous n’avez pas, à ce jour,
autorisé la diffusion de ce rapport. Outre que cela prive les acteurs de ce projet (au premier rang
desquels les agents de l’État travaillant sous votre autorité) d’éléments de réflexion, cela rend
« asymétrique » toute discussion puisque vous disposez d’un texte que personne n’a pu lire, et
autorise toutes les spéculations.
Une recommandation ayant « transpiré » de ce rapport est d’exclure le Fort Saint Jean du
projet. Pour quelles raisons ? Est-il vrai qu’il propose de vider le siège parisien du MNATP au
bénéfice du groupe LVMH ? Si ce dernier scénario se révélait exact, mesurez-vous à quel point
l’opinion publique, en cette période de crise financière et de restriction, pourrait être sensible au
symbole que représenterait « le musée du peuple viré de Paris par l’industrie du luxe » ?
ne dit pas autre chose.« étude comparative entre
Suite à cet échange, le cabinet du Premier ministre demandait une
le coût de la création d’un centre à Marseille et le coût de l’extension du centre de réserves des
musées nationaux envisagé en région parisienne ».
qu’est-ce à dire ? L’établissement marseillais aura-til
le statut de musée national ? Pourra-t-il, amputé de tout ce qui a fondé l’identité du MNATP,
conserver sa fonction de Grand département ?
Quel sera le statut des personnels affectés à Marseille ? Quelles garanties donnez-vous de ne
pas décider de « geler » certains contrats d’établissement public comme il vient d’être fait à la
BNF ? Si le site parisien du MNATP demeure fermé au public, que proposez-vous de plus sérieux
que de vagues « mesures d’accompagnement » qui ne trompent plus personne pour les personnels
parisiens qui ne veulent pas, ou ne peuvent pas, suivre à Marseille ?
Nous rappelons que, contrairement à une opinion largement répandue dans la presse, et
entretenue par vos propres services, le musée parisien est toujours en état de fonctionner (la galerie
permanente est encore en place et régulièrement visitée par des groupes ; les services scientifiques
continuent à travailler et reçoivent des consultants). Mais un nombre croissant de chercheurs,
français et étrangers, sont lassés de trouver ce magnifique outil de recherche que constitue la
bibliothèque du MNATP fermé six jours sur sept.
Nous exigeons donc que l’établissement parisien, fermé en 2005 à l’initiative de son directeur
qui souhaitait ainsi mettre les décideurs politiques devant le fait accompli, soit à nouveau ouvert à
tous les publics et que cesse la campagne de désinformation systématique qui le vise.
Si nous nous félicitons de voir s’édifier à Marseille un musée consacré à la Méditerranée,
nous nous opposons à la délocalisation du MNATP. Les conditions de cette opération révèlent une
grande légèreté dans son pilotage politique et expriment un mépris tout à la fois envers ses agents,
ses collections et le public. Il est vital de dissocier deux projets qui ne font que s’empoisonner l’un
l’autre.
Afin de disposer de tous les éléments de ce dossier, nous exigeons la publication immédiate
du rapport Martin.
CFDT-Culture CGT-Culture CFTC-Culture SNAC-FO
SNAC-FSU Sud-Culture UNSA / SNSC
En conclusion :
Vous annoncez que
« cet établissement dépassera les strictes limites d'un musée de société
traditionnel et fonctionnera comme une cité »,
Quelles sont les conclusions de l’étude par le cabinet du Premier ministre ?
3/3
Sur le statut de l’établissement et celui du personnel :
Pourquoi maintenir ce projet et pourquoi recourir à un PPP ?
!
!
Rappelons qu’une telle mesure condamnerait l’État à être l’unique usager d’un établissement géré
par une entreprise privée (une réserve de musée n’est pas un parking), coûterait à terme aux
contribuables français trois fois plus qu’une construction menée directement par l’État, tout en
n’offrant aucune garantie sérieuse quant aux conditions de conservation préventive des collections.
Cette formule nous paraît donc totalement inappropriée.
Par ailleurs, à quoi serviront ces réserves puisque, comme nous l’écrivons plus haut, les
collections du MNATP, comme celles du département Europe du Musée de l’Homme, n’ont rien à
voir avec le projet de musée voulu par le Président de la République ? Toujours le 11 février 2008,
le ministère du budget, en s’interrogeant sur «
l’intérêt de ce projet alors même qu’une grande
partie des collections du musée des arts et traditions populaires (ATP) d’une part est sans rapport
avec la dimension méditerranéenne du musée et d’autre part continuera à être exposée dans
d’autres lieux qu’à Marseille »,
Il semble que le projet de recourir à un partenariat public-privé soit relancé. Le ministère du
budget lui-même, selon le compte-rendu de la réunion interministérielle du 11 février 2008 que
nous avons pu nous procurer, s’interrogeait sur
« le recours à une procédure de partenariat publicprivé
(PPP) plutôt qu’à la maîtrise d’ouvrage publique, qui lui semble plus adéquate en l’espèce ».
Quels en sont les éléments de réflexion et les conclusions ?
À propos du centre de conservation :
Pourquoi donc garder secret le rapport Martin ?
!
!
Vous déclarez que ce
« rapportPourquoi, réciproquement, refuser à ces collections nationales prestigieuses le lieu qui a
été conçu pour elles, le MNATP de Paris ?
Sur le rapport Martin :
Quelle est la justification rationnelle de la délocalisation à Marseille des collections du
MNATP, ou pourquoi condamner ce projet à supporter comme un poids mort des
collections qui ne le concernent pas ?
!
Faut-il voir, dans votre insistance à inclure l’Europe dans ce projet, une divergence
personnelle de point de vue avec le Chef de l’État ?
Les collections du Musée national des arts et traditions populaires (MNATP), sa bibliothèque,
ses archives sont des ensembles patrimoniaux qui concernent le peuple français et son histoire, des
faits sociaux contemporains (collections sur le SIDA, collections sur les musiques amplifiées, etc.),
mais sont pratiquement sans aucune relation avec le thème de la Méditerranée. Ainsi, les collections
classiques du MNATP ne contiennent-elles, en tout et pour tout, que 2 402 objets provenant des
pays bordant la Méditerranée. Sur les 110 000 documents graphiques de l’iconothèque, collection
nationale de référence des images anciennes, moins d’une centaine ont été produits dans la partie
méridionale de la France ou dans des pays méditerranéens. La phonothèque ne possède pour sa part
aucune archive sonore inédite provenant des côtes méridionales et orientales de la Méditerranée.
Vous ne pouvez ignorer d’autre part que le service des collections n’a pas reçu les fonds des
cultures du pourtour africain et asiatique de la Méditerranée provenant du musée de l’Homme,
puisqu’ils ont été attribués au musée du quai Branly. Ce n’est que très récemment que le MUCEM,
dans la perspective de son élargissement géo-culturel, a commencé à rassembler des collections sur
ces territoires. Même en tenant compte du talent des équipes qui se sont appliquées à cette tâche, les
fonds ainsi rassemblés demeurent très peu représentatifs de la richesse des cultures que le musée
prévu à Marseille prétend illustrer, et ils ne représentent qu’une infime fraction des collections que
vous souhaitez délocaliser.
2/3
!
!
Vous avez mentionné
« la création à Marseille du musée des arts et des civilisations de
l’Europe et de la Méditerranée »,
1/3
Paris, le 6 février 2009.
Madame Christine Albanel
Ministre de la Culture
3 rue de Valois
75033 Paris CEDEX 01
Madame la Ministre,
Devant la nouvelle tournure que prend le dossier du « MUCEM » à l’écoute de votre discours
du 22 janvier 2009, nous souhaitons vous faire part de nombreuses interrogations auxquelles nous
attendons des réponses précises :