Recette du porc-épic frit.
Mettez du porc-épic dans la bassine à frites,
Et du coulis d’argent dans le cuir ineffable
D’un porte-monnaie rouge, comme celui de Maman,
Fait d’un fragment de peau de chèvres !
Quand on regarde enfin au-dessus de la tête
Des reines de beauté et des philodendrons
On voit ceux qu’on croise, on se presse le citron,
Puisque le porc-épic se mijote, sur le feu.
Un porte-monnaie rouge ça ressemble à du sang
C’est peut-être pour ça qu’on y met de l’argent,
Ce n’est pas comme une banque au siège en marbre blanc
Ou la Caisse d’Epargne où , toujours, on attend !
Si l’on veut bien admettre que le porc-épic frit
Ca ressemble à du cœur et le mien après tout
On viendra de trouver de quoi s’en foutre encore
Sauf qu’on n’a pas le temps de s’en moquer en plus !
Conjuguons la tomate, le citron vert et puis,
Le poivre de Saint-Gris dans la sauce à la flan !
Moi quand je dis « je t’aime », je ne sais pas pourquoi,
Ca veut dire quelque chose et c’est très embêtant.
C’est pourquoi je me tais, concentré que je suis
Sur l’assiette à ramage dans laquelle s’étale
Le porc-épic tout frit et la courge d’Espagne,
Le silence de l’amour me permet de manger.
C’est le coulis d’argent qu’on liquide un peu trop,
Dans les tavernes avec de la bière qui enrhume
Et qui nous manque après pour acater légumes
Et la viande fraîche qu’on en veut plein les dents.
Les reines de beauté mangent de la salade
Et les philodendrons ne sont pas des glaïeuls !
C’est pas beau les glaïeuls mais ça fait très bon genre
Sur une tombe ou l’autre ou la mienne après tout.
Sauf que moi je préfère les myosotis tout bleus
Comme les ecchymoses que la vie m’a données
Finalement le porc-épic lorsqu’on l’a fait frire
Ce n’est vraiment pas bon je préfère le nougat.