Oren: "le lien secret"
Un grand écrivain israélien:
Désormais, il se consacrerait à sa propre œuvre, cessant de farfouiller dans celle d’autrui. Il se pourrait même qu’il fonde sa propre école littéraire , dont il définissait l’essentiel d’un seul mot : résumer. Car les écrivains doivent résumer la vie, la présenter et l’énoncer d’une façon succinte, telle une formule mathématique. Au lecteur de dissoudre ce condensé dans la sueur de son front, chacun selon son humeur, ses capacités et ses moyens, de même que c’est le consommateur et non le producteur qui coupe son whisky avec du soda, son café avec du lait et son thé avec de l’eau.
Itzhak Oren, « Un crime et son châtiment », Le Destructeur, 1994.
Oren représente cette littéraure israélienne qui se cherche: le est à l'image de l'état même qui ne se défait pas du conflit entre appartenance et "identité".Bien sûr, Oren n'est pas sépcialement un gauchiste échevelé et n'a rien à voir avec lesjeunes bédéistes ou romanciers d'Israël qui mettent les pieds dans le plat et ont tant de peine à être édités, quand ils en sot pas en prison (on trouve la bio d'Oren sur le net...) . Sa carrière montre le contraire. C'est néanmoins un grand écrivain "de la corde raide", du face à face avec la conscience de soi...
Oren est inscrit dans une tradition.Mais il dépasse la simple influence, dûment revendiquée avec un bel humour:
Par contre, je recommande à tout lecteur du récit qui va suivre de lire d’abord « La Métamorphose » de Kafka. Ceci pour de nombreuses raisons, dont je ne mentionnerai qu’une : au cas où mon récit ne plairait pas au lecteur, il profitera du moins de celui de Kafka. Et si le récit de Kafka ne trouve pas grâce à ses yeux, inutile de prendre la peine de lire le mien.
Itzhak Oren, « L’anti-métamorphose », Le Destructeur, 1994.
En ce sens, il faut créer, en Israël, certes, mais aussi en chacun de nous, ce lieu de transmutation des influences, des souvenirs avec l'idntité qui est l'ubnique, et non pas seulement l'appartenance revendiquée (voir mon article sur Michel Serres).La "forteresse intrérieure", certes mais aussi le verger fécond. Ce qu'Oren montre en évoquant la décision d'être soi-même en cessant d'inventer sa propre histoire, fût-ce avec la disatance de la fiction, du récit qui semble "ne rien avoir avec" l'être même du scripteur:
Car il y a un seul trait commun entre la philosophie et l’art, leur mission, celle qui consiste à découvrir les liens secrets unissant une œuvre à une autre, un créateur à un autre.
id.
Et c'est ce "lien secret" qui donne l'oeuvre. Qui la fait offrande.Certes, on a envie, à cause de la politique, de métaphoriser ce "lien secret" d'y voir l'un des manques de l'Etat D'Israël, qui ne manque pas de manques. Ce n'est pas faux,mais incomplet.Car il est fort possible que ce soit la découverte, ou une certaine recherche de l'êtr, qui puisse constituer la richesse d'un pays neuf entièremetn construit avec du très vieux. Une Amérique déjà usée. Les renouveau, la possibilité de persistance tient peut-être à cete découverte: "le lien secret"...
Mais ce qui est plus proprement dit par Oren n'est aute que le désir intime de l'écriture en elle-même: que est ellieu du moi, comment traverse t-on les apparence. Ubi sum?
Bon, je vais encore me faire engueuler pour avoir parlé d'un livre écrit pas un homme que beaucoup considèrent comme "politiquement incorrect"
Ce qui n'est pas faux! !