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orlando de rudder
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22 avril 2006

Erotisme stalinien.

L’autre jour je parcourais « La Loi », toujours épastrouillé par cete belle écriture… Roger Vailland demeure une énigme. Un vrai grand écrivain… Capable de grandeur il s’est un peu commis dans la connerie d’un livre sur Drouais, celui qui reconnut Louis XVI à Varennes… Peu importe : Quandoque bonum Homerum sommeillat… Mais le personnage de Vailland mérite quelque stupeur enjouée ! Le communisme, quand on pouvait, voire qu’on aurait dû, y croire n’était déjà pas très ollé-ollé, y compris en Espagne. L’érotisme n’apparaît pas dans un plan quinquennal.Ou alors c’est trop subtil pour moi. Le Congrès n’est pas, malgré son nom, partouze. Mais Vailland fut étonnament stalino-libertin ! Coco-aurochs fidèle comme un tracteur, marteau de la faucille et même inversement, Vailland allait aux putes et nous raconte, dans son journal de mirifiques fantaisies dont cette fameuse fessée aux orties, morceau d’anthologie beaucoup plus croustillant qu’un discours de Thorez. Mais là ou le soviet s’épanche assez peu dans la ligne, c’est quand d’un ton sérieux d’aparatchik aux ordres, il expose une théorie qui, certes nous ramène au début du Capital, au fétiche sans fétichisme que Marx nous explicita jadis. Vailland, qui nous garde mieux qu’un Pif le Chien de sa chienne saute-au-paf, déclare tout bonnement que la prostitution constitue le seul rapport égalitaire possible entre les hommes et les femmes ! Avec démonstration à l’appui et marxisme paradoxal… Le trouble à coup de roubles ? Ou roublardise pour Coco épanoui ? Ce collectivisme tarifié du capital intercrural serait la voie radieuse de l’égalité fraternelle et le bon camarade, à coups de braquemarxiste dans un con très muniste, oeuvrerait égalitairement pour des lendemains qui chantent dans le lit défait, en fumant la cigarette (russe, hélas) d’après le grand soir ! Tout ça pour quelques kopecks glissés dans un soutif qui gratte en pur nylon ukrainien peigné dans un kolkhoze des années d'après guerre par d'hardis prolétaires préparant l'avenir! Théorie sincère, flodinguerie certaine ! Il faut lire les écrits intimes de Roger Vailland ! C’est passionnant et, pour le moins surprenant ! Genre douche écossaise: on passe du sérieux à l'hilarité, tout ceci maîtrisé par un auteur rusé qui a plus d'un tour dans son sac! L'être humain n'est médiocre que par ses certitudes. Il se frotte au sublime par ses contradictions et sa vraie grandeur procède de son incertitude! Surtout quand il assène des vérités premières, grandiloquentes et connes comme la mystique marxiste (et quelques autres, d'ailleurs).
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