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orlando de rudder
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13 mars 2006

Montaigne et les animaux

LEs zamidézanimo actuels, tendance Bardot et autres ne savent pas ce qu'est un animal.Ils ne parlent que d'ux et jouent les "m'as-tu-vu comme je suis bon" en étalant leurs perfomances affectives et leur mépris des hommes est d'eux-mêmes. IL sufit de lire la biographie de Bardot pour s'en convaincre: ce'tte superbe fille qui avait tout pour elle a tout gâché par son cractère haineux, méprisant de petite bourgeoise nantie... Ressourçons-nous, parlons vrai et fort. Voici Montaigne, et voici Gourmont qui nous en parle. Je vus donen le début de ce qu'on peut touver cette semaine sur le site des amateurs de Rémy de Gourmont. (vois liens) . Montaigne et les animaux (10.03.1912) Il y a présentement une tendance très sérieuse à ne plus considérer Montaigne comme le type même du scepticisme et à chercher dans les Essais, au contraire, ses traces, que l'on trouve certaines, de son esprit positif, de son esprit scientifique même. Le sceptique pur et simple n'existe pas, ou bien ce n'est qu'un imbécile. La nature, qui est remplie de mystères, ne l'est pas moins d'évidences. Ce n'est pas faire acte de foi que de les admettre, mais seulement acte de bon sens. La vraie forme du scepticisme philosophique, c'est l'esprit critique, qui est une qualité rare. Le scepticisme vulgaire n'en est que la caricature. La réputation sceptique de Montaigne s'est surtout établie aux siècles de foi qui ont opposé son esprit à l'esprit religieux, à l'esprit de soumission, et de crédulité. Mais on ne jugera bien Montaigne qu'en le considérant au milieu de son époque, qui n'est pas sans quelque ressemblance avec la nôtre. « Il importe d'abord, dit le docteur Cancalon, dans sa récente étude sur Montaigne de situer l'auteur des Essais à l'époque précise de l'évolution philosophique où il a vécu, époque critique où les opinions qui avaient régné pendant tant de siècles étaient ruinées et dépassées et continuaient à dominer pratiquement, n'étant pas remplacées. » Montaigne ne fit guère que de formuler les doutes où se débattaient alors les esprits. Son scepticisme ne fut négateur qu'envers les idées qui s'en allaient. Il fut libérateur à l'égard des idées qui venaient. « Déblayer le champ intellectuel encombré de survivances, désarmer le dogmatisme persécuteur en lui enlevant toute autorité morale, faire appel au bon sens et à la bonté, prendre l'attitude non du doute inactif, mais du doute expectant et enquêteur, telle fut en gros l'œuvre de Montaigne. » J'ai tenu à citer ce passage parce qu'il précise bien l'importance de ce rôle critique d'un homme qui sut, au milieu de tant de querelles, garder la liberté de son jugement et qui n'écrivit jamais qu'avec bonne foi, avec mesure, avec sagesse. Montaigne, parmi toute son érudition et toutes ses citations latines, se met toujours en face de la vie qu'il regarde avec tendresse. Il aime autant les animaux que les hommes et probablement davantage. Ne voilà-t-il pas de quoi être particulièrement accusé de scepticisme ? Oyez ce qu'il dit de la cruauté, en un temps où la cruauté régnait : « Je hais entre autres vices, cruellement la cruauté, et par nature et par jugement, comme l'extrême de tous les vices : mais c'est jusques à telle mollesse, que je ne vois pas égorger un poulet sans déplaisir, et ois (entends) impatiemment gémir un lièvre sous la dent de mes chiens, quoique ce soit un violent plaisir que la chasse. Je ne prends guère bête en vie à qui je ne redonne les champs. Il y a un certain respect qui nous attache et un certain devoir d'humanité, non aux bêtes seulement qui ont vie et sentiment, mais aux arbres même et aux plantes. Nous devons la justice aux hommes et la grâce et la bénignité aux autres créatures qui en peuvent être capables ; il y a quelque commerce entre elles et nous et quelque obligation mutuelle. » On voudrait voir un scepticisme de ce genre à tous les hommes, mais bien peu en sont capables.
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