8 février 2006
Richard Jorif
Il m’est arrivé de rencontrer Richard Jorif. Mais nous nous connaissons peu. Et , à chaque fois, je n’ai pas osé dire combien je l’admire.L’auteur du Navire Argo, du Burelain pursuit une œuvre exigeante et claire. La chair des mots s’y révèle et l’on a, en finissant chaque ouvrage, le regret de fermet la dernière page. Oui, Ses livres s’ouvrent comme une fenêtre, comme une porte, comme tout ce qui nous mène ailleurs. Avec, souvent, des notations subtiles qui nettoient les évidences et nous font comprendre un peu plus de la nature des choses.
Jorif célèbre la langue et, tranquillement, nous donne de joies réflexions. Celle-ci, par exemple, qui remet en question l’écriture en elle-même ! Avec humour:
Quelquefois je me demande pourquoi les romanciers se donnent la peine de mettre en forme des histoires dont ils savent déjà tout.
Richard Jorif, Le Navire ArgoDans un recueil de nouvelles précis, sagace et gouleyant, il va même jusqu’à retrouver des interrogations sous forme de réponses :
Quand on dort on fait des rêves. La mort ça vient quand on rêve trop fort qu’on va mourirRichard Jorif , Qu’est-ce que la mort, Fourrure ?
Loin des flonflons de la mode, il existe des écrivains, des poètes, des artistes qui continuent, qui maintiennent le cap, qui offent au public des oeuvres succullentes.Comment se fait-il qu’il s’agisse presque toujours de ceux dont on parle le moins ? Jorif est de ceux qui enchantent des lecteurs fidèles, des gourmets. Et montrent bien que tous ceux qui dénigrent la littérature française actuelle au seul vu des livres à la mode se trompent. Aujourd’hui, certes, il faut chercher : la presse et les medias, comme toujours, comme d’ailleurs en politique ou en d’autres domaines, montrent des événements comme pour mieux cacher ce qu’il se passe vraiment.
Jorif ne déçoit pas. C’est un grand écrivain.Sans chichis, sans falbalas, sans complaisance. Il fait redécouvrir le bonheur de lire. Savoureux !
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