5 février 2006
Soupes aux fruits secs
La lecture, sur le blog de Segolène Lefevre (voir liens) d'une célébrations des soupes me fait penser à toute une série de délicieuses soirées passées il y a longtemps avec une amie mienne et native du Westhoek. JE ne sais d'où elle tenait ses recettes, mais une femme gourmande en devient radieuse.
Elle préparait une base de fruits secs. Elle mélangeait au mixer des cacahuètes, par exemple, et un bouillon de légume, de viande ou de poisson. On obtenait alors, velouté, onctueux un breuvage exquis. Il faut une consistance de potage aux pois cassés.
Mais elle allait plus loin.Les cacahuètes pilées finement , par exemple (il faut souvent les tremper dans l'eau, les dessaler, quitte à les resaler après, car elles sont vendues pour inciter à boire des apéritifs, donc en excès de sel) dans un bouillon de volaille frémissant, avec du poulet émincé, des lamelles de poivrons rouge et vert pour la joliesse autant que le goût, un peu d'ail, un soupçon de tabasco... et voilà un régal!
Une variante? Eh bien, une saucisse fumée, un peu de jambon cru à la mode ardennaise.
Plus classique, le mélange de noix et de gorgonzola permet un vrai bonheur, fugace, trois fois hélas!!! On peut aussi oeuvrer avec du munster frais mélangé dans la soupe, quelques grains de carvi. Ou, pour faire avesnois, du maroilles, mais pas trop! Et du poivre comme on veut. Un peu d'huile de noix rehausse le goût. Attention: l'huile de noix ne doit pas cuire!!!!
LEs noisettes pilées en soupe consistante accueillent sans barguigner du chou en chiffonade, avec de l'estragon. Voire du céleri! Un peu de parmesan? Ces mêmes noisettes, aux tomates et au basilic présentent une tendresse à nulle autre pareille... Un peu d'huile de noisettes... qui ne doit pas cuire non pleus!!!
Avec les pistaches en soupe onctueuse, une chipolata fait un très bon visage. On peut y adjoindre des restes de veau, ou du thon émietté.
LEs amandes ne sont pas en reste: saumon, thon, poissons de rivières, un peu de bière brune et tout va pour le mieux. Mais aussi, soupe dessert évoquant la Provence, les amandes pilées s'accompagnent de miel, fruits mélangés, confits et secs, une goutte d'huile d'olive, un soupçon de lavande, de violette, de fleur d'oranger... Voire un bon trait de gnôle pour faire bonne mesure... Une petite goutte d'extrait d'amande amère peut compléter le tout.
On pourrait parler ici d'acides gras saturés, insaturés. C'est acerbe. Disons que c'est sain et sans cholestérol, ces soupes amougneunantes. Et fort agréable. On découvre de nouvelles saveurs, certes. En même temps, elles nous sont familières. C'est une façon de cuisine qui m'agrée; elle est redécouverte et nouvelle considération de ce qu'on connaît. Il devrait en être de même pour l'amour à long terme. Quelle grâce serait de devenir le même en se renouvellant pour complaire à l'aimé(e). Ainsi survivrait-il, l'attachement initial. Disons qu'on peut le croire, comptons là-dessus et mangeons de la soupe!
Pensez aux fruits secs! A de nouvelles alliances d'épices les rehaussant en soupes. On peut varier à l'infini!!!! Mais attention, ce qu'on y rajoute doit demeurer en petites quantités pour ne pas étouffer le goût subtil des noix, noisettes, cacahuètes, amandes et pistaches.
Il est de bon usage de torréfier légèrement les fruits secs avant la mise en oeuvre. On les passe à la poêle anti-adhésive durant quelques moments. Et quand ça fleure bon, c'est qu'on peut tout broyer!!!
On trouve encore des chataignes sèches.Mais il est bien plus simple de les prendre fraîches en saison, ou sous vide, ou en boîte pour l'admirble potage marron-cèpes!!! Les cèpes, en hiver, sont souvenir d'automne, séchés comme des fleurs et tranquillement suaves!
Cette toute simple base, fruits secs finement mixées avec un liquide, bouillon, vin, bière, ce qu'on veut, permet des variations subtiles et la suavité de ces préparations ne nuira pas aux plats qui suivront. Voici une sympathique politesse, un art de vivre...
Qu' a t-elle pu de venir cette amie d'autrefois?
Nostalgie, n'est-ce pas, comme dans une taverne flamande, tandis que Griete la servante, venue de Poperingue on ne sait pas pourquoi, nous apporte les chopes. Et les minces saucisses fumées qu'il est d'usage pour boire avec. Elles sont dures comme des bottes de reîtres. La Griete est grasse à souhait. Elle allume avec distance et des yeux malicieux. Mais on ne touche pas. On rallume sa pipe en toute vlaamsitude...
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