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orlando de rudder
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29 janvier 2006

Médée, Corneille et maintenant

Médée, la terrible Médée que je revois encore sous les traits de MAria Callas dans le film de PAsolini... Voici que je relis Corneille, par moments. Et sur le net je trouve Médée, cette pièce qui fait peur et qu'on ne joue qu'un peu... Comme par méfiance. Il faudrait que PAtrice Houzeau comment, comme il sait le faire, comme lui seul le fait aussi bien, cette pièce cruelle et qui vous mord le coeur. Je vais donc vous donner juete un petit morceau, la description des poisons de la cruelle nature, les herbes à faire "pâlir la lune" et els improbables mixtures de la mère qui tua ses enfants, de la sorcière effroyable, pitoyable, et grandiose, femina fatalis et mater carnifex...: Mes maux dans ces poisons trouvent leur médecine : vois combien de serpents à mon commandement d' Afrique jusqu' ici n' ont tardé qu' un moment, et contraints d' obéir à mes charmes funestes, ont sur ce don fatal vomi toutes leurs pestes. L' amour à tous mes sens ne fut jamais si doux que ce triste appareil à mon esprit jaloux. Ces herbes ne sont pas d' une vertu commune : moi-même en les cueillant je fis pâlir la lune, quand, les cheveux flottants, le bras et le pied nu, j' en dépouillai jadis un climat inconnu. Vois mille autres venins : cette liqueur épaisse mêle du sang de l' hydre avec celui de Nesse ; Python eut cette langue ; et ce plumage noir est celui qu' une harpie en fuyant laissa choir ; par ce tison Althée assouvit sa colère, trop pitoyable soeur et trop cruelle mère ; ce feu tomba du ciel avecque Phaéthon, cet autre vient des flots du pierreux Phlégéthon ; et celui-ci jadis remplit en nos contrées des taureaux de Vulcain les gorges ensoufrées. Enfin, tu ne vois là poudres, racines, eaux, dont le pouvoir mortel n' ouvrît mille tombeaux : ce présent déceptif a bu toute leur force, et bien mieux que mon bras vengera mon divorce. Médée, au pied nu, cueillant des herbes fatales est aussi évoqué dans un effroi panique dans ceci: Tandis qu'elle coupait cette racine, la terre mugit et trembla sous ses pas; Prométhée lui-même res-sentit une vive douleur au fond de ses entrailles, et remplit l'air de ses gémissements. Apollonios, L'Expédition des Argonautes, chant III. Trad. J.-J.-A. Caussin. Il y a dans nos jours, en ce moment précis, des Médées éveillées qui ont tué leur petit... On les a condamnées. Et moi, je pleure. LA vie est imbécile...
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