21 janvier 2006
Mon silence
Mon silence.
Mon silence bâfre. Un vrai glouton. Il boit les seconde, les savoure en clapant. Il broute le moment, il me croque l’instant.
Je me sens un peu seul, aujourd’hui. Pourquoi pas ? Qui va rêver d’amour est une cruche à la mer…
Mon silence ? Je ne l’ai pas acheté. Il m’appartient en nue-propriété. Tout ce qu’il dit me met à vif. C’est comme du sang sous une peau pelée.
Il est des jours de viande qui pètent la santé. Quand on perd son temps, Saint Antoine s’en fout.
Mon silence me tanne. Mégissier d’importance, il obscurcit mon âme et le jour devient clair. Non pas ensoleillé ; ce serait trop vulgaire. Mais plus cruel encore que le ciel blanc du nord qui vous pince les yeux ou ne vous les rend pas…
Je veux dire, le soleil, toutes ces choses… Au bout de tous les jours, Chronos, le Père du Peuple nous aura tous bouffés.
Mon silence crache du vertige : C’est sa façon de digérer les secondes trop lourdes, avec leurs sauces de tierces, les quart d’heures qu’on dirait confit dans un bon beurre, les instants voluptueux, battus en neige dense. Ce n’est pas moi qu’il ronge, qu’on le sache pourtant !
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