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orlando de rudder
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21 janvier 2011

L'inégalité raciste...

L'affaire Zemmour n'a fait que conforter les racistes. Tout ce bruit a aussi fait jouir les antiracistes à "indignation vertueuse", les tonitruants, les vociférateurs sur commande, les bien-pensants complaisant se donnant en spectacle pour faire valoir leur grandeur d'âme de moutons suivistes à la commisération décorative.Eh oui la société de consommation fait ainsi naître des tensions, des besoins programmés  d'indignation.On s'assouvit avec frénésie.après, ça retombe et autre chose vient exciter. Comme le foot: un match suit l'autre et c'est la frénésie obligatoire. 

 

Pendant ce temps, sans esbroufe, patiemment de vrais travaux se font. La recherche du réel, qui affronte le vrai problème: le racisme au quotidien, les petites choses qui n'ont l'air de rien.Ce qui sape et ronge notre société. Mais là, il faut lire, voire acheter un livre! C'est plus dur que d'être un consommateur passif, recherchant l'excitation sur comande que donne une information partiellle et partiale. Oui, il faut lire "l'inégalité raciste"...c'est inquiétant mais passionnant.Et rigoureux. Et c'est pas "vu à la TV", ce qui est presque une garantie de sérieux. voir là:http://www.unice.fr/urmis/spip.php?article108

Non, ce n'est pas la veille qu'on verra ça à laq télé.Ca dérange...on en a un peu parlé à la radio, au moment de la parution...

on est loin des fureurs médiatiques contre-productives qui font jouir mauvaisement la gauchinette aux colères spectaculaires, mais délectable avec une franche morosité ricanant jaune!

 

Bon, je vous la recopie, la présentation: 

 

"

Présentation

L’ethnicisation des rapports sociaux, si facilement invoquée pour stigmatiser les "bandes ethniques" ou les "sauvageons" de banlieue, n’est pas perçue comme la source même des inégalités subies par les groupes et les individus privés de leur humaine universalité. Face à un ordre social raciste, la réponse officielle se cantonne généralement à la réaffirmation de l’égalité de chaque individu devant la loi et par la loi. D’un côté, s’en tenir à ce rappel à la loi revient à occulter les discriminations racistes et à les cautionner de fait. De l’autre, l’expérience des Etats-Unis montre que les politiques de lutte contre ces discriminations peuvent, en définissant des groupes défavorisés sur des critères univoques, contribuer au durcissement des frontières "raciales" comme à la fragmentation sociale. La voie entre ces deux écueils est donc étroite et suppose que le racisme en acte - ségrégations et discriminations - ne soit pas traité comme un problème à part, grave certes, mais sans rapport direct avec les autres processus inégalitaires. Elle exige d’inscrire la lutte contre le racisme dans une politique plus générale d’égalisation des chances qui maintienne le cap d’une perspective universaliste. Cette question concerne l’ensemble de la population de la France et doit donc être posée publiquement comme un problème politique global. Elle relève de ce que le Conseil d’Etat nomme l’intérêt général et William J. Wilson un problème d’organisation sociétale.

Dédicace des auteurs

Depuis quelques années, les discriminations racistes et ethnistes font l’objet d’une dénonciation qui succède à une longue sous-estimation et même à une occultation générale. Le dispositif juridique actuel est inefficace, buttant sur la quasi impossibilité pour une victime d’apporter la preuve du traitement discriminatoire qu’elle a subi et de son intentionnalité. Les pouvoirs publics ont récemment mis en place un dispositif d’observation et de correction qui conserve l’individualisme normatif de l’universalisme "à la française" et qui, du même coup, sous-estime les effets inégalitaires collectifs et socialement structurants du puissant mouvement d’ethnicisation des rapports sociaux que connaît la société française depuis une vingtaine d’années. Cette sous-évaluation concerne au premier chef les phénomènes ségrégatifs, à la fois massifs et pris dans des logiques politiques, économiques et sociales qui articulent ségrégation sociale, ethniste et raciste. Mais elle concerne aussi les formes institutionnelles et systémiques de racisme et, tout particulièrement, les discriminations dites "indirectes", inscrites dans le mode ordinaire des relations sociales et la routine plus ou moins bureaucratique des organisations. Cet ouvrage synthétise les résultats de près de dix années de recherche théorique et de terrain sur le racisme "en acte" et propose de dépasser l’opposition stérile entre universalisme et différencialisme. Il tente d’explorer les voies de formation d’une universalité concrète, égalitaire et pluraliste, nécessairement inscrite dans les conflits sociaux et la controverse idéologique."

Véronique De Rudder, Christian Poiret, François Vourc’h

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