La Croix de Madeleine.
Lolos,
vois s’ils sont beaux ! Avec cette croix d’or qui se plonge entre deux ! C’est
en les regardant que j’ en perd mon dialecte. Alors, on est content.
Ainsi
est Madeleine au corsage éhonté. Pour étouffer le Christ, on fait ni une ni
deux. Dire qu’il nous regarde pendant les galipettes ! Ce type n’est pas franc,
Mais la croix, c’est joli.
Celle
de Madeleine gigote entre ses seins quand je me fais la paire en pratiquant des
trucs que l’église interdit. Le Christ en a vu d’autres et ça lui apprendra !
Ma
Madeleine à moi vaut bien mieux que la sienne ! Et moi je m’en délecte de fort
bon appétit. Que ces dômes et la crypte soient en tout temps bénis ! Comme
union, y a pas mieux ! Dire que pendant ce temps d’autres avalent l’hostile !
Madeleine
est fervente et son nichon-langage en
dit plus long, ma foi, que les deux testaments aux volumes raplapla ! De plus,
crénom de sort, elle n’a pas que ça !
Madeleine
est gourmande ! Quel bon coup de fourchette et une boit-sans-soif au vin qui
rigole fort ! Vas-y donc ma commère, on se ressert encore une bonne lampée.
Juste avant qu’on s’envole en position couchée. Dans un émoi cossu, viande crue, terre à terre ! Et de rire, et
de jouir : On se marre à pieds-joints, rinforzando dare-dare !
Madeleine
est comme ça ! J’aime lécher l’or tiède et je ne dis rien d’autre ! Oui ! C’est
un vrai plaisir quand elle porte sa
croix !
Merde
aux bottes et mort aux bêtes !
Quand
on aura détrôné l’animal on saura enfin se tenir. On aura le cerveau éventé par
une joie de vivre à nulle autre pareille. Pour l’instant, c’est à ne pas tenir.
Toute bête pue. Comme un vrai militaire qui nous limite l’air en tapant sur les
nerfs.
On
a organisé des uns et des autres. Afin que le monde soit bien fermé. Même les
corps sont clos. Par le tissu, pas vrai ?
Laissons
les militaires s’entre-écraser la gueule ! Sur leurs tombes semons d’imbéciles
glaïeuls et des drapeaux sanglants comme des géraniums ! Vive l’esprit,
marchepied de la lettre ! La pensée est un sexe muni de fleurs exquises !
On
mangera du bon langage, celui que bête ne peut pas. On en lira du tout au
beurre ! On ne vivra plus à genoux ! On aura même des alphabets de viandes et
de pâte à choux. Et des chiffrages enguirlandés, nombres premiers aux oignons
rouges !
Laissons
les militaires se trouer la bedaine ! Dégustons leurs décès et savourons la
peine de ceux qui, les aimant, participent au néant ! Ô vive l’intellect,
délectable szlaszeck fait d’animalité désanimée au jus rabaissant le bestial avant de
l’élever au rang de nourriture !
L’animal
n’est même pas un enfant. Certes, il peut en avoir la cruauté, la férocité.
Mais il lui manque le « ça qui presse »,la possibilité de prendre conscience de
la mort. Alors, bon, que dire de plus ? On ne va pas le tuer pour ça ! Pour
manger trop. Oui : Car cela, c’est bonnard à la youpi plus quatre !
Laissons
les militaires en massacrer bien d’autres ! Il se fendent le crâne et ça donne
du verglas. Le cerveau qui fermente devient jaune béarnaise. Après il se verdit
comme un plant d’estragon. Vive l’esprit sexy, inventeur de grammaires,
fécondateur exquis pour s’envoyer en l’air !
On
sortira l’herbe des livres et l’on aura des coups mortels : les bêtes n’ont
qu’à bien se tenir et lire une littérature libre. Leur cervelle est un cumulus
cafouilleux mais trop étriqué. Avec du lard bien gras, le tout peut gouleyer.
Choisissons bien le vin pour baptiser le ventre !
Ainsi
vont bêtes et groins, mufles et rats.
Ils ne vivent que pour être ça. Quand on aura détrôné l’animal, on n’aura plus
qu’à faire de même pour ce qui est, en nous, bêta. Deuxième lettre, en grec,
voilà !