L’épouse dans l’Eglise.
L’épouse à la vie morne s’avance sur le sol dallé de
l’Eglise. L’Eternité menace et l’on se sent fugace. A quelques pas, quelqu’un prie, doucement. Avec une voix
blessée. Hésitante. Comme le oui
chevroté d’une mariée méfiante.
Passent des gens.
Rares et sonores. La mariée d’autrefois est revenue, pour voir. Maintenant,
elle n’est plus qu’une épouse. En tailleur strict, sans robe blanche. Elle
écoute. Des pas résonnent. A un moment,
son coeur cavale. De quoi se souvient-elle ?
La mariée de jadis veut s’en aller : c’est trop. Ce jour
est comme les autres, non ? Que faire
quand on est là ? Cette épouse inconstante revient sur ses pas. Le souvenir terrasse sa volonté de fuir.
C'est la vie. On a bu tant d’ alcool, durant son mariage .
Tiens, l’épouse attristée brûle un cierge. Elle ne sait pas pourquoi. Dans son
âme abêtie par les trantrans obscurs, des foules s’agitent et l’écrasent.
Je vais aller m’asseoir dans un grand café. Sous l’abri
des lumières beaucoup trop tape-à-l’œil. Je boirai goutte à goutte un alcool ou un autre. Qui sait s’il va pleuvoir
?