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orlando de rudder
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1 mai 2007

Tripes sur peau.

Écris : l’antique plume d’un vieux jars prise à gauche circule en bruissant.. Ecris  la chute   perpendiculaire. Noircis même la  mémoire rose. Celle du corps en dedans. De l’intérieur.

Écris : tripes sur peau. Parchemin glabre. Tripes sagaces, intelligentes, sans complaisance à toute souffrance. Tripes ferventes, et calmes, et lasses… Et la chute… rose-mémoire, intérieur.

Écris : J’entends siffler une femme. Elle étend du longe.   Le  soir, vrai courir à sa  perte. Et ce sera la nuit. Ecris le sommeil. Sommeil .L’au revoir. La nuit le recevra.  Avec le deuil en  aval. Noir de seiche, noix de galle, jour présent…

Écris. Tripes sur peau : cette femme siffle encore, ses souvenirs se taisent et le linge s’étend rarement à cette heure. Elle dit le faire exprès pour qu’on en le voie pas. Pour qu’on n’entende pas sa chemise claquer comme un drapeau, elle siffle Un air ancien.

Écris en aveugle, la nuit, dans le noir, sans chandelle. Comme sans yeux, sauf la lune. Encre telle que le noir qui va couler, ce noir qui enlumine les yeux de cette femme.  Parce qu’elle pleure, étendant des mouchoirs. Sifflant un air ancien.

Écris : tripes sur peau, intérieur, yeux qui pleurent, draps lavés… Tripes sur peau, air ancien. Deuil. L’écriture, tripes sur peau, c’est un art carnivore. Écris : tu ne sais pas qui te mangera !

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