Le "dégoût viscéral" stikes again: Marlowe for ever!
On représente, en ce moment, à Toulouse, ai-je entendu, Le Massacre de Paris, de Christopher MArlowe.Pièce terrible, tragi-comique, ironique que j'ai lue il y a longtemps. Il y est question de la Saint-Barthelémy.Vue par un Anglais tendre et féroce, voire plus ou moins voyou. Du genre qui aime et qui tue, et la vie va comme ça... Contrastes saisissants de l'état d'être humain.
La Saint Barthelémy! On se croirait au foot! Les gens se haïssaient pour aimer Dieu plus fort! Et la pure expression du sentiment le plus bas s'en donnait à coeur joie! Oui le "dégoût viscéral" devint fort à la mode servant d'expression à des gens et voulant "bien", suivant l'une de deux idéologies obligatoires. Soit dans fureur parfois hilare, soit calmement, avec un soin maniaque: Chacun son truc; brutalité ou satori! C'est selon la complexion mentale de chacun: "moi, j'ai mon caractère". Deux idéologies neuves: une rénovée, l'autre venant de naître. On écrabouilla des nourissons,on éventra des femmes enceintes, on mangea des coeurs humains, des foies, on énucléa comme dans l'ancien Tibet: c'étaient les guerres de religion. Et dès qu'on croit, le "dégoût viscéral" n'est pas loin. Alors, on "ne mâche pas ses mots"... On insultea. Et ça peut mener au meurtre.
Ce sentiment pouacreux, on le voit exprimer sa ranceur maussade aujourd'hui, maintenant que les gens se permettent d'avoir des opinions. Non pas de savoir de comptendre,mais d'avoir des opinions.De croyances. "il me dégoûte, c'est physique": l'horreur.On assimile les gens à une seule de leur composante, à l'une de leurs opinions, à un de leurs actes.Et c'est fini: "il me fait gerber"! Toute personne disant ça est à fuir sur-le-champ: on aura toujours des ennuis avec elle! Pas d'amitié vraie possible.Ou alors,une complicité dans l'horreur,la fondation d'une association de haine, etc. Avec, éventuellement la joie glauque de tuer en commun! Comme si l'absence de la raison pouvait justifier quoi que ce soit.
C'est dire qu'on place sur le plan d'un ressenti physique, "animal" (la cruauté est animale: l'homme ne parvient pas encore à s'en défaire.C'est comme la guerre. L'homme seul peut désirer la paix! ) ce qui est complètement construit, inventé pour l'affirmation de soi, le désir éperdu d'être meilleur que les autres sans affrotner la "sainteté" ou le simple fait d'être le plus juste possible.Facilité ignoble. Il ne s'agit que d'une auto-gratification pemettant de justifier une aversion de bête,un désir archaïque de prédation, parfois.
La cible importe peu: ce peut être les voisins, les Arabes, les Juifs, les Chasseurs, les Patrons, une équipe de foot. Ce dégoût est une structure. Elle préexiste à sa cible. Dans tous les cas on réduit l'humain à une seule de ses composantes: "il est juif, donc avare, il est chasseur, donc d'extrême-droite, il est ceci, donc c'est une sous-merde,un salaud"...
La mode, l'actualité précisent cette structure. Mais le problème, la perversité même (la nature est, au départ perverse: on n'y peut vivre qu'en se battant.L'homme tente de changer tout ça.C'est en ça qu'il est grand.LA perversité, c'est ce qui est inefficace, qui ne peut pas aboutir, réussir, et qu'on réitère, inlassablement, névrotiquement) est dans celui qui se permet, faute de s'aimer lui-même d'avoir construit un égo fort et beau la paresse, la bassesse, la veulerie de ne pas lutter contre ce dégoût. De celui qui l'a construit. Qui en fait un état d'âme. Qui réinvente l'instinct primaire de la bête avec des moyens intellectuels. Et qui en jouit.avec, en prime, "l'indignation vertueuse", si efficace pour se sentir "bon", "bien", "juste", alors qu'on n'est qu'un salopard médiocre qui veut se croire tout autre. Un fanatique qui peut en arriver à penser que "la fin justifie les moyens", devise ignoble de la plus haute perversité est l'ennemi du genre humain. LEs moyens ne se justifient gère: ils sont.Et Orwell disait :" le but du pouvoir, c'est le pouvoir, le but de la torture, c'est la torture" (je cite de mémoire).
Le plus glaçant est que l'on qualifie parfois l'autre d'être "inhumain".C'était, ente autes,le discours des tortionnaires du Chili,à propos des gens de gauche qu'ils torturaient. Ces bourreaux, qui aimaient tant les animaux (et faut voir comme ils en parlaient!) trouvaient normal de couper des lambeaux de peau humaine à vif aux ciseaux de coiffeur, de "travailler" des genoux à la perçeuse électrique, entre autres pratiques venant de "dégoût viscéral" devenue méthodique, foide, calme, appliquée, zen. Pourquoi se priver? les "patients" n'étaient "pas humains" à leurs yeux.
Méfiez-vous des gens à "indignation vertueuse", à "dégoût viscéral" que leurs adversaires "font gerber"! Bien sûr,ls en passent pas tous à l'acte la "fonction d'arrêt " peut les en empêcher. MAis, s'il s trouve un "leader charismatique" (un vrai leader est toujours "charismatique". Les clichés sont là pour être reproduits!)énergique à la mussolini ou un gourou au sourire plein de bonté, au regard doux (et la tête penhée de côté dans l'attitude toujours du "bon"... qui quémande l'approbation!) pour récupérer tout ça, c'est le massacre. Souvent au nom de Dieu, pseudonyme de la trouille.
Que ne ferait-on pas pour avoir l'air d'un autre. Alors qu'on se dégoûte, tout au fond de soi-même.Et qu'on projette sur l'autre nos mauvaisetés intimes! Le processus d'hominisation est parfois lent et dur.
Marlowe fut assassiné. Evidemment, on l'accusa d'athéisme. Il fai partie de mon petit panthéon d'illustres incongrus.On y trouve Le Caravage, Rimbaud, Catulle, Artaud, Flora Tristan, Villon, Louise Michel, Gedun Chompel, Gesualdo (oui!) Théroigne de Méricourt, Isabelle Eberhardt, Verlaine entre autres,. Princes et gueux: des gens. Et Marlowe.Tous furent des érudits, des philomathes. La cuture, c'est l'amour. Et le remède au "dégoût viscéral". Apprendre, connaître, s'ouvrir, c'est aller vers l'autre, vers les autres...
"Deviens ton propre Dieu". Mais: Ni Dieu ni Mîatre! Et non: ni mieux ni d'être?
Honneur et gloire au salsifis frit, chef-d'oeuvre de la grandeur humaine: aucune bête ne l'aurait fait!