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orlando de rudder
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10 février 2007

Avisons l’œil.

L’œil s’en fout, vu qu’il voit. Même fermé, il y croit. Mais il faudrait l’envisager, faire face, faire front. Face à face. Avisons l’œil ! Ce n’est pas rien !

Même l’œil mort s’agite encore, recrachant les visions de toute une vie. L’œil mort depuis peu. Il  montre  l’éclat vibrant couleur noire de rien du tout ou de  tout ou rien. LA choroïde, l’humeur vitrée  frissonnent. Gélatineusement.

Le cristallin roule sa bosse, planète transparente, vide, vide, vide de toute couleur.  Parfois, c’est comme ça, comme suit : quelque chose frémit comme un vieux prunier  aux fruits ridés par un trop fort soleil ! ET ce qui frit les yeux dessèche avec vigueur ! Tue.

L’œil s’est-il fait  cocon ? Qu’abrite t-il ? Ce q’il a vu se mélange. Les souvenirs ne se mirent ni à l’œil ni dans la dure-mère. Quel sursaut de  prunelles  nous racontera l’éveil ? Quand ?

De mémoire d’œil il y a du temps. Ainsi dirait l’œil à l’autre qu’il ne voit jamais. Si l’œil parlait. A quoi bon ?

Et quand, dans le sommeil, les cils s’entrecroisent, hein ? Ca ne vous dit rien ? A colle parfois. Il faut tirer en écartant les paupières. Et j’ai déjà ressenti le relâchement brutal, l’arrachement. Un élan d’entrechat. Les paupières rompent leurs noces. Grande clarté de ce divorce. Ouverture au monde. Et là peuvent surgir les plus grandes visions ! Il n’y a pas de goutte à voir ! Ca colle ! Un point c’est tout ! Ah !

Parfois l’œil se meurt lentement.  Mais toujours, l’œil  nous envahit. Le définitif ne se commande pas. Ni la clarté ! C’est le grand v’lan qui va : Transfiguration !

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