Une telle nouvelle!
Une telle nouvelle ! Qui l’eût cru ? Pas moi ! Ce qui n’existe pas arrive quelquefois. Vu qu’on s’en ébahit, ça devient quelque chose !
Hier, sous le labeur, on n’imaginait pas qu’un événement pareil puisse se passer ici . Pas plus tard qu’aujourd’hui, à une heure comme celle-ci ! Qui l’eût cru ?
Ah ! Le travail est un bourreau ! Peut-être que sans lui, on n’aurait su plus tôt que ça serait comme ça, inattendu, curieux, à nul autre pareil, qu’on voit dans le journal et qu’on en parle encore le soir dans les veillées durant beaucoup d’années tandis qu’on vieillit trop ! Ce qui n’existe pas arrive quelquefois
On vit comme des fantômes ! Sans même un vague demi-remords. Parfois, quand je travaille, je me sens ivre-mort ! On appelle ça vivre, mais ça ne distrait pas ! Vu qu’on s’en ébahit, ça devient quelque chose ! Notre vie se délite et dure beaucoup trop : Hier, sous le labeur, on n’imaginait pas
Le travail s’abreuve de notre sang comme une bouche incendiée. On est la multitude. Une douleur sans os puisqu’on veut bien quand même ! Sous le fouet de besogne, on en a plus qu’assez… Aussi, ça fait plaisir, on peut le dire, c’est vrai, qu’un événement pareil puisse se passer ici pas plus tard qu’aujourd’hui, à une heure comme celle-ci !
On est comme sommeillant. Mais on ne mendie pas ! La vie nous coûte cher. Alors, évidemment, quand ça arrive ici… Une telle nouvelle !