Canalblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
orlando de rudder
Publicité
orlando de rudder
Publicité
Archives
Publicité
Publicité
2 novembre 2006

C'est bien vrai, ça!

Maupassant se voulait réaliste. Son style est une réalité de grammaire sublime. Pour le reste… Voici ce qu’il disait :

Une œuvre d’art n’est supérieure que si elle est en même temps un symbole et l’expression exacte de la réalité.

Guy de Maupassant, Mont Auriol.

C’est encore le problème : La réalité est affaire de technique. On la confond trop souvent avec le réel tel que le réalisme le voit. L’erreur est toujours la Volonté réaliste. Un peu comme en peinture ! La ressemblance d’un personnage ne fait pas le tableau. En tout cas dans l’ effet de réel, le portrait peint est bien supérieur à ce qui semble le plus objectif, à ce qui est de la lumière même du réel, la photographie anthropométrique. La peinture a, grâce à la photographie, pu complètement s’échapper de la ressemblance, de l’anecdote, de l’illusionnisme de la représentation.

L’idée du ré&alisme est un leurre : ce qui semblait le plus « réel » dans un film d’autrefois est souvent ce qui est le plus daté, ce qui nous semble le plus faux !  Zola voulant peindre el réel d’une façon réaliste s’est heureusement trompé : poète impressionniste, il a évité le rapport de gendarme, forme du vrai, discours de la vérité, même s’il est erroné.

Exprimer ma réalité dans l’art, c’est transposer. Aussi, le Roman de Renart ou les fables de la fontaine, par leur transposition disent plus du réel qu’un laborieux document qui « sonnera faux » une génération après son écriture. Et pourtant, la forme n’est pas réaliste dans ces oeuvres : elle transpose le réel, le déchiffre, en dit plus, avec la convention nécessaire au récit : ici, on accepte que les animaux parlent. Ce n’est pas vrai. Et c’est cette fiction qui donne sa force à l’expression du « vrai », des caractères, des mentalités. Parce qu’il y a une changement de « point de vue ». Nous ne sommes pas engoncés dans l’obligation de « copie conforme » de la planche zoologique. La position du savoir est ailleurs..

Il faut parfois construire cet ailleurs pour apprendre et connaître…Voire pour aimer. Le réel se suffit à lui-même ! A quoi bon en construire un autre ? A moins qu’on veuille, évidemment, inventer un autre monde, un homme nouveau : les totalitarisme demandent aux artistes de produire du réel, sous peine d’être considérés comme « dégénérés » !  Et tués. Le réalisme soviétique, celui du nazisme, celui de la peinture religieuse sulpicienne sont souvent grotesque parleur grandiloquence pompeuse, comme le pompiérisme lui-même, fort idéologique. L’impressionnisme a délivré un autre point de vue, une autre réalité. Profonde.  Authentique.

La littérature a cherché, cherche sans cesse ses transposition, avec une nécessité de vraisemblance. Il faut trouver une forme pour que la convention entre le lecteur et l’auteur soit tenable. Aussi doit-on trouver le moyen de « mentir vrai », certes, afin de faire avaler les plus incroyables carabistouilles ! Encore faut-il qu’elles aient un sens, fassent rire ou pleurer l’autre lui-même que constitue le lecteur lisant par rapport à son habituel être social et intime lorsqu’il fait autre chose.

L’art permet de « faire vrai ». Mais quand il le fait trop, il convient de s’en méfier : la tromperie n’est pas loin ! Attention, de plus à l’objectivité ! C’est encore une tromperie, un artifice qui ne se déclare pas. Or, il faut que el lecteur sache qu’on lui ment. Comme dans la vie ? Peut-être, mais pas de la même façon ! Le livre est d’un prix modique, finalement. Mais la vie est chère. Le cours du réel en littérature, en art, est variable. Mais le temps le dévalue toujours, puisque le réel même change, disparaît, fait des siennes !

Publicité
Commentaires
P
Moi, mon problème, c'est que suis beaucoup plus réellement à Carthage dans les jardins d'Hamilcar, que je ne le suis dans la maison d'Emma à Yonville...<br /> <br /> Pourquoi ?
A
une copie pour méditer un peu plus, bien qu"en lisant rapidement rien ne m'ait heurtée mais au contraire, il faut "réellement" dire les énormes nuances et bien "réelles" entre les mots...<br /> Je mouline aussi mais du vélo:)<br /> Bises à vous et Marie au-dessus de ma tête.<br /> Marie i told you : hold on!:)
M
v'la ben encore d'quoi mouliner!
Publicité