15 août 2006
Stable effeuillage de libellule
Stable effeuillage de libellule. L’automne passera aussi. Ailes comme des pages transparentes : on n’y lira que des veinules. Livret, libelle et pages blanches. Dimanche m’apportera lundi, je vivrai en vapeur d’espérance. Il fera chaud après midi. Des mots sont écrits sur le ciel. On les lira lundi matin. Mais s’il pleut on n’y pourra rien. Il faudra que je me réveille.
Les arbres font des écritures en rides d’écorce amenuisée. Je serai le signet du jour. Aminci mais désabusé. On ne retient pas la saison, sauf à l’écrire un petit peu. Il manque beaucoup de choses et d’autres. Les petits riens prennent du temps. Parler n’est pas d’outre mesure. Tournons des pages avec le vent. Si le silence s’en occupe on lira comme on aime tant.
La septième plume de l’aile gauche d’un jars furieux qu’on s’en occupe : c’est le plongeon dans l’encre mûre. Voici du sens et des raisons. Chaque mot creuse sa figure. Et la page gondole d’autant. Pour revenir au premier jour, on marque un temps sur le papier. Une date qui, de naissance, le tachera comme la peau. Parchemin tiède, ô, mon enfance…
L’envol des mots c’est pigeon-vole. Pour un vocable qui consent, il y en a tant qui se refusent à dire le vrai, le faux : moment. Et pour trois lettres qui s’insurge, je pense à toi en cet instant. Une heure passe, translucide. On ne la voit qu’en jour levé. Comme un carnet qu’on ébouriffe, les feullets tournent vivement : stable effeuillage de libellule.
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