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orlando de rudder
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orlando de rudder
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28 juin 2006

Viens !

Viens, les orangers deviennent lourds. Ils embaument le vent. Il devient mort-vivant. Ils vont momifier l’air. Et cette pure résine d’Hespéride en émoi vernira grassement les secrets de ton corps. Tu seras saturée, tu deviendras fleur blanche et c’est déjà mourir en confiture inerte. Viens ! Viens, le soleil sur la chair fait grésiller le poil. Il n’y a plus rien qui vaille : Nos yeux vont vite frire et nous ne verrons plus qu’un néant gras et lourd. Viens ! Oui, je sais : le jasmin, et les grands champs de lin ; quelque chose de trop mauve et de trop parfumé. Et du vin d’abondance. Crois-tu qu’aveuglément l’amour rissole ainsi ? Si nous ne fuyons pas ce genre de paysage, il devient fonctionnaire. Avec les orangers transformés en décor. Et nous ne seront plus qu’affiquets agréables. Viens ! Il va falloir partir, au risque d’avoir faim. Pire ? C’est possible. Mais si tu restes là, toute la froidure du monde te gercera le cœur, avec des orangers, du jasmin, du lin et le grand vent. Ce sera en dedans. Tout au fond de toi-même. Moi, je pars. Viens ! Si tu restes, écoute : autour de toi, le paysage parfait évoquera l’harmonie, la douceur. Les tombes sont bien plus belles que de grandes demeures. Et la nature ardente du séjour que je vois porte la beauté qui mord, qui tue et qui enterre. N’attends pas que le piège d’un seul coup se referme ! Viens.
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Commentaires
M
YAY !
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