5 mai 2006
Multitude
En dehors de nous-mêmes, nous bâtirons la crasse ! Le vil Espace caduc des dénigrements veules. Le mesquin défini comme un jour qui se lève. Celui qui se recrée entre deux temps à perdre. On se jettera des regrets sur la gueule. On raira, on brâmera, on réera les reproche pour se faire plus mal ! Réons le mot magique, l’effroi putréfiant, le refus de soi-même ! Ca s’appelle multitude !
Guerre à deux, guerre en nombre ! A chaque raison, tu passes, comme un vieux rideau pâli par le soleil trop con ! Ce n’est pas assez ! Soyons plus que nous-mêmes ! Sortons du duo ! Vive l’univresel ! Gloire à la multitude !
A l’extérieur de l’âme on construira solide ! Fondation impassibles, élévations cruelles, formalités sordides au masque si mesquin qu’on s’esquinte à y voir qu’on serait comme soi, sauf à s’enfuir vite fait des forteresses intimes ! Je ne pense qu'à peine à ce que je t’en veux, à ce que qui me pèse à ce que qui qu’en grogne ! L’oubli de la cause rend encore plus féroce. Les raisons sont raison, mais je ne veux que hargne. Et lui trouver, fétide, une gratuité féroce ! Une gratuité de haine qui a nom : multitude !
Ce n’est plus pour une faute, imaginée ou vraie que je te veux en pleur, en désespoir, en morfle, mais parce que tu existes : et ce sera ta faute ! Tu prendras pour toi-même et ce sera horrible, tu prendras pour les autres et ce sera ignoble. Tu souffriras diffus, pas précis, incertain, douloureux comme des dents explosées par le pus qui en gicle. Et ta souffrance bavera, haletante, son vrai nom : Multitude !
Si tu oses être là, je saurai t’engluer dans un malheur trop moche pour que tu le supportes ! On sera encore pire que tous nos pères et mères ! Nous aurons hérité leur vacherie mochasse : nous serons multitude !
On les édifiera, ces hauts murs de souffrance ! Je trouverai le mal qui te ronge le plus ! Ce qui fera frémir de colère dégoûtée comme de rage honteuse et bassesse méchante : je t’avilirai, je me répugnerai pour saloper ton être ! On moisira de conserve, à deux, à deux pour devenir la foule, la foule la plus féroce qui se tapit dans l’être, la populace atroce qui ne dit que : « A mort ! ». Multitude !
On maçonnera cette fidélité, cette constance ignoble du recuit malfaisant, de l’habitude rance de la rancœur moisie, vivace et déferlante, énergique et farouche ! Et mon rire dégueulant te fouinera le cœur, te rongera trouvant sous mille et un prétexte des façon d’être salaud à la dégueu-pourri, à la glauque-putréfié en haine bien confite dans une bile visquques qui collera partout ! Je vagirai ton nom : Multitude !
En dehors de nous-même, on construira l’intense et nous ferons la haine comme les cons font l’amour en y croyant encore, en s’acharnant sévère en cherchant la sale bête et le mépris intègre de soi comme de l’autre pour que ça pue la mort !Et nous serons légions, plus que nous, que nous deux ! Car on vivra enfin l’histoire ordinaire des gens dont l’existence n’est faite que pur ce but ! Multitude !
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