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orlando de rudder
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7 février 2006

Gaspara Stampa

Il est ainsi des femmes qu'on rencontre par hasard.J'étais, il y a longtemps au Furet du Nord de Maubeuge et j'ai vu unlivre, parmi d'autres. Pourquoi l'ai-je remarqué?!Je l'ignore encore. Il s'agissait des poèmes de Gaspara Stampa. J'ai acheté ce livre qui m'accompagne encore. Gaspara Stampa, naquit à Padoue en 1583, d'une mère vénitienne et d'un père joailler milanais. Elle représente la belel Italie de la Renaissance, dans une splendeur radieuse. À la mort de son père elel retourna aux sources maternelles et s'installa définitivement à Venise. Elevée comme on élevait les filles dans certains milieux, elle jouait du luth, comme sa soeur et toutes deux chantaient en s'accompagnant. Gaspara Stampa connaissait le latin, et fut dotée d'une solide culture humaniste. Quand retrouvera t-on la douceur du savoir, la gourmandise férue, le parfum de la grammaire, le goût de la parole, l'amour de la lecture, ces plaisirs amicaux qui nous rendent joyeux et qui sont le prélud de partages intenses? En 1548, elle s'éprit s'un guerrier, le comte Collaltino di Collalto. Mais cet imbécile lui préfèra la guerre! Gaspara écrivit pour lui ses superbes poèmes d'amante délaissée. Elle mourut fort jeune, en 1554. Voici l'un de ses poèmes, un sonnet à la mode italienne, qui me touche particulièrement.J'en donne d'abord le texte original, puis la traduction: 53 « Se d'arder e d'amar io non mi stanco, anzi crescermi ognor questo e quel sento, e di questo e di quello io non mi pento, come Amor sa, che mi sta sempre al fianco, onde avien che la speme ognor vien manco, da me sparendo come nebbia al vento, la speme che 'l mio cor può far contento, senza cui non si vive, e non vissi anco? Nel mezzo del mio cor spesso mi dice un'incognita téma: - O miserella, non fia 'l tuo stato gran tempo felice; ché fra non molto poria sparir quella luce degli occhi tuoi vera beatrice, ed ogni gioia tua sparir con ella. » TRADUCTION « Aimer, brûler !... Non, je n’en suis point lasse, et même je sens ces feux en moi sans cesse plus puissants ; et qu’il en soit ainsi me laisse sans regret : Amour le sait, qui ne me quitte un seul instant… Mais d'où vient que l'espoir jour après jour faiblit ? Je le vois s'effacer tel une brume au vent, cet espoir, qui suffit à contenter mon coeur; car sans lui, point de vie; et lui seul m'a fait vivre ! Au plus profond de moi-même souvent j'entends je ne sais quelle voix qui m'inquiète : "O pauvrette, ce bonheur où tu es ne va guère durer; dans peu de temps pourrait s'éteindre la lumière par qui vraiment tes yeux sont ravis en extase, et avec elle s'éteindraient toutes tes joies.» Gaspara Stampa, "Poème 53", Poèmes, Édition bilingue, Gallimard, Collection Poésie, 1991, pp. 52-53. Traduction de Paul Bachmann. Où l'on voit que le souci de la forme est amour! Ce qu'on semble vouloir oublier aujourd'hui!!!
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