3 février 2006
Sylvia Plath en pleine gueule!
PAtrice Houzeau nous parle aujourd'hui de Sylvia Plath avec sa sagacité et son sens des sensibilités habituels (Le Blog Littéraire).Le fait est que Sylvia Plath portait une inquiétude particulièrement savoureuse et un "tragique sans y toucher" fortement admirable (hé oui, j'ai osé cette formulation! Y a pas de raison que je sois le seul à ne pas écire ce genre de trucs! ).
Mélancolie on ne peut plus pratique, celle de Sylvia Plath se montre même très quotidienne. Telle, elle se représente:
Je mesure à présent l’importance d’un agent, qui peut épargner à un écrivain les mille morts éprouvées à chaque fois qu’un manuscrit lui est retourné. C’est comme si on refusait à ton enfant d’entrer à l’école communale. Comme tu l’aimes, bien souvent, tu ne peux comprendre pourquoi. Je viens de lire l’encourageante histoire d’un écrivain à succès qui a écrit dix nouvelles en dix mois et dont l’agent a reçu quatre-vingts refus et pas une réponse positive. L’écrivain en question s’est pourtant gaiement attelé à une onzième nouvelle. Très encourageant !
Sylvia Plath, "Lettre à sa mère", 2 février 1955, in Writing home, 1988.
Densité d'amertume et courage! Elle a serré les dents (courage de dents, évidemment) , la Sylvia! Elle sut ce qu'est le fait d'écrire au quotidien, de vivre pour l'écriture et de l'écriture!!!! Ecrire serait un romans d'amour que ça ne m'étonnerait pas! Et faut tâcher moyen de s'y mettre chaque jour, et plus vite que ça!!! sinopn, on paiera pas la note de gaz, déjà qu'il fait très froid et qu'il faudrait remplacé le careau cassé,parce que le bout de carton,quand il pleut , c'est pas ça... Et puis, ça se retourne: le frigo bien rempli devient un instrument de l'écriture, autant qu'un stylo ou un clavier. Ben oui:
La seule astuce, c’est de s’y mettre, sans plus en parler ; quelque mauvais ou médiocres que puissent être les résultats, l’essentiel c’est d’écrire et de produire effectivement, et non de théoriser à l’infini sur les écrits idéaux ou remarquables qu’on pourrait pondre, si seulement on en avait réellement l’envie ou le temps. Comme me l’a dit M. Kazin : « On n’écrit pas pour gagner sa vie ; on travaille pour s’assurer les moyens d’écrire ».
Sylvia Plath, "Lettre à sa mère", 25 octobre 1954, in Writing home, 1988
Ensuite arrive la quête du sens, la quête de soi,la vérité à nu qui fait très mal partout: puiser en soi, au fond, redécouvrir son être... De l'amour gros comme ça, à la crème chantilly, avec des bigarreux confits rouges comme des rubis...
Si je puis apprendre à tirer de moi-même des nouvelles, des histoires et des émotions, sans dépendre de sollicitations extérieures – comme d’autant d’intraveineuses, mais plutôt comme d’autant d’apports enrichissants quoique pas forcément nécessaires à une vie déjà pleine et riche en elle-même- je serais alors sûre de mûrir dans le sens même où je veux évoluer
Sylvia Plath, "Lettre à sa mère", le 30 août 1954, in Writing home, 1988.
Ca rigole pas, l'écriture. amateur ou pro, ça engage... Et c'est mieux avec un frigo rempli et de la bière au frais! Du silence? de la solitude? Ben oui, mais c'est très cher!
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