9 novembre 2005
Persécutions diverses et contre le bouddhisme
Je vomis le zen fasciste de nature et la figure sirupeuse du moine profiteur répugnant. Le bouddhisme totalitaire me répugne tout autant. Le charisme fabriqué du Dalaï Lama, construit par un agent de communication célèbre (voir ses changements au fil des ans) me fait hurler de rire, comme son discours pâcifiste dicté par les services secrets américains (voir l'évolution de ses discours depuis cinquante ans). Cependant, s'il sont persécutés, je pense qu'il faut les défendre. Ne soyons pas comme eux et suivons Voltaire: la liberté avant tout!
Ce qui arrive au Vietnam est insupportable. LEs entraves à la liberté religieuses et de pensée n'ont pas à exister. Voici le texte de la Commision des droits de l'homme, qui concerne, entre autres, des moines, mais, en fiat, tout ce qui pense et s'insurge:
COMMISSION DES DROITS DE L'HOMME
Soixantième session
Point 9 de l'ordre du jour provisoire
QUESTION DE LA VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME ET DES LIBERTÉS FONDAMENTALES, OÙ QU'ELLE SE PRODUISE DANS LE MONDE
Exposé écrit* présenté par la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), organisation non gouvernementale dotée du statut consultatif spécial
Le Secrétaire général a reçu l'exposé écrit suivant, qui est distribué conformément à la résolution 1996/31 du Conseil économique et social.
[1er février 2004]
Vietnam
La Fédération Internationale des Ligues des Droits de l'Homme (FIDH) et son affiliée, le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme (Comité Vietnam), sont très préoccupées par les entraves grandissantes en République Socialiste du Vietnam aux droits à la liberté d'expression et de conscience.
Nos organisations ont dénoncé de longue date dans l'enceinte de la Commission le caractère flou, vague et fourre-tout de la législation pénale vietnamienne, et la « légalisation » de l'arbitraire qui en découle. Nous regrettons de constater que le Vietnam continue d'utiliser cette législation, et même la renforce impunément.
L'an passé et en dépit des recommandations du Comité des Droits de l'Homme (CCPR/CO/75/VNM, 28 juillet 2002), le gouvernement a encore recouru à la législation touchant la « sécurité nationale » et aux « abus des libertés démocratiques pour porter atteinte aux intérêts de l'Etat » pour masquer sa politique d'étouffement de toute expression libre au Vietnam, en particulier le fait de répandre des informations et des idées à l'étranger, droit pourtant garanti par la Constitution vietnamienne (article 68) et par le PIDCP (article 19).
Les autorités vietnamiennes ont jugé et condamné, ou annoncé des poursuites contre les dissidents au motif fallacieux « d'espionnage », crime passible, selon l'article 80 du Code pénal, de 12 ans d'emprisonnement, de la détention perpétuelle ou de la peine capitale :
- Nguyen Vu Binh, ancien journaliste du journal officiel Tap Chi Cong San (Revue Communiste), a été arrêté le 25 septembre 2002, pour avoir envoyé au Congrès américain, le 20 juillet précédent, un témoignage sur la situation des droits de l'Homme au Vietnam, et pour avoir critiqué sur internet les accords frontaliers sino-vietnamiens. Le 31 décembre 2003, lors d'un procès de moins de 3 heures, il a été condamné à 7 ans d'emprisonnement et 3 ans d'assignation à résidence pour « espionnage ». Le 29 novembre 2003, sa femme avait envoyé une cinquième lettre aux autorités (sans réponse) où elle se plaignait de ce que ni elle ni ses trois avocats n'avaient pu voir son mari depuis son arrestation du fait du refus systématique du Procureur.
- Nguyen Khac Toan, ex-officier de l'armée nord-vietnamienne, a été condamné à 12 ans d'emprisonnement, le 20 décembre 2002, pour avoir aidé des paysans à rédiger des plaintes pour les autorités et envoyé des copies de ces plaintes à l'étranger par Internet.
Il est détenu à la prison B14 (près de Hanoi).
- Pham Hong Son, arrêté le 27 mars 2002, pour avoir traduit et mis en ligne l'article "What is Democracy" du site de l'ambassade américaine à Hanoi, a ainsi été condamné à 13 ans d'emprisonnement le 18 juin 2003. Sous la pression internationale, sa peine a été réduite à 5 ans de prison. Il est détenu à la prison B14.
- Le 10 septembre 2003, à Ho Chi Minh Ville, Nguyen Vu Viet, Nguyen Truc Cuong et Nguyen Thi Hoa ont été condamnés respectivement à 5, 4 et 3 ans d'emprisonnement, après un très bref procès à huis-clos, pour avoir « profité des libertés démocratiques pour porter atteinte aux intérêts de l'Etat », en fait avoir envoyé à l'étranger des informations sur la situation de leur oncle, le Père catholique Nguyen Van Ly actuellement incarcéré. Toujours sous la pression internationale, leurs peines ont été réduites en appel aux durées de leurs détentions provisoires et ils ont été libérés le 28 novembre 2003.
La FIDH et le Comité Vietnam se réjouissent des réductions de peine en appel, mais rappellent fermement qu'au vu du droit international et compte tenu des faits reprochés, ces personnes n'auraient jamais dû être ni incarcérées ni condamnées. Ces sentences en appel restent arbitraires et contraires au PIDCP, et ne servent qu'à satisfaire la communauté internationale tout en exemptant l'Etat de sa responsabilité vis-à-vis de ses citoyens pour détention arbitraire et violation de leur droit à la liberté d'expression et à un procès équitable.
La communauté internationale ne peut s'en satisfaire.
De nombreuses personnes sont en prison pour s'être exprimées librement, dans l'attente d'un procès qu'elles savent perdu d'avance :
- Le Colonel Pham Que Duong et le chercheur Tran Khue ont été arrêtés à la fin de l'année 2002 et sont détenus depuis dans l'attente de leur procès. Ils ont été accusés d'espionnage.
- Nguyen Dan Que a été arrêté le 17 mars 2003, devant chez lui à Ho Chi Minh Ville, parce qu'il était suspecté de vouloir se rendre dans un cybercafé afin d'envoyer à l'étranger des informations critiquant le régime. Il devrait être poursuivi pour espionnage, mais son procès n'a toujours pas eu lieu.
- Pham Van Tuong (nom religieux : Thich Tri Luc), bouddhiste qui avait fui les persécutions religieuses et obtenu le statut de réfugié du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés à Phnom Penh (Cambodge) le 28 juin 2002, et qui avait disparu le 25 juillet 2002, a été victime d'un rapatriement forcé ressemblant fort à un enlèvement et a été détenu au secret pendant un an par les autorités vietnamiennes. Celles-ci, qui avaient toujours nié avoir connaissance de son sort, ont annoncé son procès quelques jours avant la date prévue du 1er août 2003. Ce procès a été ajourné sine die et le gouvernement vietnamien a prétendu cyniquement avoir arrêté Thich Tri Luc le 26 juillet 2002, alors qu'il s'apprêtait à fuir le Vietnam. Thich Tri Luc, défenseur reconnu des droits l'Homme et de la liberté de conscience, est poursuivi pour avoir « fui à l'étranger dans l'intention de s'opposer au pouvoir populaire ».
Les autorités vietnamiennes violent de manière flagrante la liberté de religion, se fondant notamment sur l'article 4 de la Constitution vietnamienne qui octroie au Parti Communiste la direction exclusive de l'Etat et de la société et dont le Rapporteur Spécial sur l'intolérance religieuse avait déjà souligné la « nature à faire obstacle à la liberté de religion, voire à la réduire à très peu de chose » Rapport Visite au Vietnam, §9, E/CN.4/1999/58/Add.2, 29 décembre 1998. Actuellement, l'Eglise Bouddhique Unifiée du Vietnam (EBUV, Eglise historique, indépendante, interdite depuis 1981) est la principale victime de cette politique.
En pratique, après s'être engagé à une plus grande ouverture à l'égard de l'EBUV lors de la rencontre sans précédent, le 2 avril 2003, entre le Patriarche Thich Huyen Quang et le Premier Ministre Phan Van Khai, le gouvernement vietnamien a pris prétexte d'une assemblée extraordinaire interne de l'EBUV, le 1er octobre 2003, pour lancer dès le 8 octobre suivant une vaste et brutale campagne de répression contre cette Eglise.
Onze hauts dignitaires nouvellement élus au sein de l'EBUV ont été placé « en droit » ou en fait en « détention administrative ». Parmi eux figurent le Patriarche Thich Huyen Quang (86 ans) et son second le Très Vénérable Thich Quang Do (75 ans) qui ont été respectivement incarcérés dans la Pagode Nguyen Thieu (province de Binh Dinh) et dans le Monastère Zen Thanh Minh (Ho Chi Minh Ville), où ils sont maintenus en isolement, sans contact avec l'extérieur ni accès aux soins médicaux. Thich Quang Do serait très malade, ne pouvant plus avaler de nourriture solide. Quatre bonzes ont été mis en « détention administrative » pour deux ans sous l'empire du décret 31/CP qui autorise la détention sans procès pour cette période des personnes soupçonnées de pouvoir porter atteinte à la « sécurité nationale » : Thich Tue Sy (décision de mise en détention administrative 4313/QD-UB), Thich Thanh Huyen (décision 4314/QD-UB), Thich Nguyen Ly (décison 4311/QD-UB) et Thich Dong Tho. Les autres bonzes ont été placés en détention par simple décision « orale » : Thich Thien Hanh, Thich Thai Hoa, Thich Nguyen Vuong et Thich Phuoc An.
Dans le même temps, les autorités vietnamiennes ont cerné toutes les pagodes de l'EBUV du Centre et du Sud du Vietnam, coupant les lignes téléphoniques et interceptant toutes les communications par téléphones portables, confisquant les ordinateurs portables, harcelant les bonzes, nonnes et laïcs bouddhistes, les soumettant à interrogatoires, les menaçant, etc. Elles visent clairement à couper l'EBUV de ses fidèles et, à terme, à éliminer définitivement l'EBUV.
La FIDH et le Comité Vietnam pour la Défense des Droits de l'Homme demandent à la Commission des Droits de l'Homme d'adopter une résolution sur le Vietnam pressant les autorités vietnamiennes de :
· libérer immédiatement et inconditionnellement tous les personnes détenues pour l'exercice légitime et pacifique de leurs droits à la liberté d'expression et de conscience, en premier lieu le Patriarche Thich Huyen Quang et le Vénérable Thich Quang Do,
· rendre d'urgence la législation sur la « sécurité nationale » (espionnage, etc.) et la « détention administrative » conforme avec le PIDCP selon les recommandations du Comité des Droits de l'Homme de juillet 2002,
· coopérer pleinement et avec les mécanismes de protection des droits de l'Homme des Nations Unies, et remettre les rapports périodiques attendus par le CESCR et le CRC respectivement depuis 1995 et septembre 2002,
· accepter une visite in situ du Rapporteur spécial sur la liberté d'expression et une visite de suivi du Rapporteur spécial sur la liberté religieuse, selon leur demande
· ratifier et mettre en oeuvre le Statut de la Cour pénale internationale et la Convention des Nations unies contre la torture
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