On pense aux « brèves de comptoir », certes… Félix Fénéon, défenseur des impressionnistes, pilier du Mercure de France, anarchiste soupçonné d’avoir posé la bombe du restaurant Foyot, attentat qui couta un œil à Laurent Tailhade, publia ses Nouvelles en trois lignes, Mercure de France ( disponible car réédité en 1997) qui mérient le détour. La lecture des journaux est souvent tout aussi amusante qu’en ces temps reculés ! Voici quelques extraits :

M. Abel Bonnard, de Villeneuve-Saint-Georges, qui jouait au billard, s'est crevé l'oeil gauche en tombant sur sa queue.

Jugeant sa fille (19 ans) trop peu austère, l'horloger stéphanois Jallat l'a tuée. Il est vrai qu'il lui reste onze autres enfants. (Havas.)

" Aie ! cria le rusé mangeur d'huîtres, une perle ! " Un voisin de table l'acheta 100 francs. Prix : 30 sous au bazar de Maisons-Laffitte.

Le cadavre du sexagénaire Dorlay se balançait à un arbre, à Arcueil, avec cette pancarte : "Trop vieux pour travailler."

En se le grattant avec un revolver à détente trop douce, M. Ed. B... s'est enlevé le bout du nez au commissariat Vivienne.

Félix Fénéon, Nouvelles en trois lignes.