L'identité? Le travail d'invention de soi passe par un chemin étroit. L'identité, histoire de soi qu'on se raconte à soi-même, demande la vigilance. Elle n'a pas la rigueur de l'histoire en soi, du travail historique d'historien. Elle a besoin de révisions. Et, si on a, durant toute sa vie, par exemple, la même opinion envers ses parents,on est dans l'erreur, souvent handicapante. L'identité, histoire de soi, est faite de passé changeant constamment, sinon c'est de la blague: autant lire charlie-Hebdo,ou le clone décevant, s'engager dans l'armée, écouter Cabrel, pratiquer un sport d'équipe, devenir nationaliste ou s'indigner sur ordre: on n'est pas soi-même.Ou du moins on a mal construit son être et l'on n'est soi-même qu'à mi-temps, en dilettante: l'identité n'est alors qu'un passe-temps parmi d'autres passe-temps identitaires. Et le temps passe,insipide... 

Revoir son passé, comprendre mieux ses parents ("pardonnons-nous nos enfances comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont enfanté"),inverser parfois les sympathies (tiens, l'oncle Gustave n'était pas si nul que ça?) permet d'être ce qu'on devient. Ce travail d'historien résout pas mal d'énigmes, de questions dur soi-même et ses proches: on y découvre plus facilement l'identité du masque de fer et le sexe du chevalier d'Eon.

Vu sur facebook:

"Les expériences les plus enrichissantes sont celles qui mettent à mal l'identité : le voyage, la lecture, l'étreinte amoureuse, la traduction, la poésie, le rêve, toutes les formes d'ivresse, l'expérience mystique et la jouissance artistique. C'est dire que je ne comprends pas cet engouement pour l'identité." 

Jalel El Gharbi

La liberté commence sans doute avec la distance par rapport au groupe. Le refus de l'uniforme. Cependant il y a des uniformes qui ne se voient pas: ils sont à l'intérieur. Et c'est une autre liberté que de se cotraindre à son propre esclavage.On s'en fout? oui... mais à quoi bon parler de liberté dans un monde de salariés? Autrefos MArx disaitque l'esclave était mieux loti que le travailleur: on ne le soignait, On le nourrissait parce qu'il avait un prix. Le travailleur était gratuit, jetable, interchangeable, sans identité particulière.

Auourd'hui le salarié est envahi par des groupes! L'entreprise, qui au meilleurs cas est un mal nécessaire,au pire un parasite, le syndicat éventuel. les diverses catégories qui le classent.Comme l'entreprise, le mariage désidentifie de plus en plus quand il n'y a pas d'activité commune: si la femme ne travaille pas ou travaille ailleurs, la communion s'efface etle cuple, la famille n'est qu'un groupe comme un autre. Mais le mariage est fait pour l'échec: on ne domestique pas l'amour. de tooute façon il lui faut de l'expérience tandis que le couple n'est pas la solution: le couple est une fonction politique, économique et sociale. C'est pourquoi on tente d'empêcher qu'il puisse se dissoudre intantanément! Seul le risque permettrait l'éventualité de l'amour... quand on est en sécurité,on est déjà mort: lesmorts n'ont plus qu'un nom, des dates et leur identité au monde n'est plus visible.Elle est dans le coeur d'autres personnes qu'elles fondent aussi.

Maintenant la résistance au groupe, la fuite de la fonction identitaire est de plus en plus nécessaire. Distinguer l'appartenance de l'identité est primordial. 

L'identité? c'est le droit d'être comme tout le monde, un clone,un clown folklorique...Devenir ce qu'on est, être ce qu'on devient n'empêche pas l'appartenance! L'attachement à un lieu! l'identité, c'est ce qu'on met en carte, comme, autrefois, les putes! Sauf que c'est quelqu'un, une pute!