Des hommes seront tués par d’autres hommes encore ! Ainsi de lointains morts seront  décorés de mille travaux d’aiguille par des femmes accalmées ayant enfin la paix tous les jours de la vie! 
Elles ont un peu pâli en entendant l’avis annonçant que ça y est, elles sont enfin veuves. La guerre, ça sert à ça, à vivre bien tranquille : on ne se refait pas ! On taloche les mioches et puis, ça va, ça va….

L’homme ne rapportera plus son salaire écorné par les verres entre amis à l’estaminet proche. Ce grotesque nourricier revenait humilité quelquefois par des filles de rien qui croquent aussi des sous.  Mais qui font des choses sales dont on ignore le nom…L’homme? Il bredouillait certains jours de honte, avec une voix sourde des excuses sordides !

Pire encore le soir, juste après le coucher ! quand il monte sur sa femme en puant le sauvage ! Supporter la souillure tout en serrant  les dents ! Et ne jamais sourire dans le noir de la nuit parce qu’il est ridicule, ce cochon s'agitant! Et surtout ne pas jouir! Ni même faire semblant: Saligaud bisquerage : Tu serais trop content !

Enfin, voici le vide, le foyer déserté. Plus de paroles brutales, de fêlures dans la voix ! La veuve est  enfin conductrice de sa vie toute à elle ! Fini la catastrophe ordonnée des scènes qu’elle préparait, soigneuse, devant la grande glace de l’armoire de sa mère quand il n’était pas là !

Elle vivra dans l’estime d’elle-même. Elle sera digne. Vêtue de noir ! Et d’étranges  lumières sombres parsèmeront ses yeux !  Ne plus être amoureuse, même si ça vous démange : les hommes sont tous pareils et les femmes, d’ailleurs…

Café-chicorée-lait, avec du pain, du beurre, les enfants à l’école, le matin chaleureux ; bienheureuse solitude : C’est presque le bonheur !