Ah qu’il est doux de s’indigner ! Et d’accuser l’adversaire de colère ! De projeter sur lui ce qu’on ressent « viscéralement » ! On, se sent bien ; On se sent juste ! On est grandiose ! Ca vient des tripes ! C’est du vrai !  On vocifère des « évidences » !  L’indignation est toujours vertueuse ! C’est aussi un bon argument politique ! Franchement, on est révolté par telle ou telle ignominie !  (en général on traite celui avec qui on n’et pas d’accord de « facho »)… Quel plaisir ! On jouit. On se joue un beau rôle. Et, généralement, on se ment à soi-même ! On se persuade, certes !  Mais les vraies grandes colères, comme les douleurs, sont plutôt muettes. Et froides ! Dangereuses, redoutables ! L’indignation et un sport à la mode qui veut rendre l’autre indigne, « pas humain », qui l’accuse de « haine ». C’est le mépris gratifiant et fallacieux qui s’auto-justifie.  Ah ! les Léon Bloy au petit pîed ! Comme ils se régalent !

C’est, le plus souvent de la frime faite pour s’auto-convaincre.  C’est du confort intellectuel et affectif. De la frime.  Petit à petit je me suis éloigné de ceux qui s’indignent trop facilement. Et trop confortablement.  Spécialement quand il s’agit de sujets à la mode ou d’actualité.  On s’offre du mépris avec des clichés du genre « on n’est pas du même monde » ! Signe indéniable de bassesse cultivée !

Et moi, quand j’ai la dent dure, je demeure calme et je me marre !  J’’obtiens généralement ce que j’attends quand un message indigné me parvient ! Des discours étonnants par leur platitude et tellement stéréotypés !  C’est bon l’indignation !  Comme un gâteau industriel : du fabriqué… plein de conservateurs, en général : c’est rarement progressiste ! Mais tellement décoratif !

Mais quel plaisir de voir tous ces pouacres s’agiter en vain ! Et d’analyser ces discours qui, bien que répétitifs, peu personnalisés, sont fort distrayants !

Bidon !