Frites...
La très bonne frite, la frite de rêve n'est pas grasse!
Pour la déguster, il faut revêtir un pantalon de flanelle ou de shantung immaculé, éblouissant, précieux, cher... une robe de soie couleur d'eau ou une jupe de lin blanc...
Car si une frite tombe malencontreusement sur le tissu, il ne doit y avoir aucune trace... Pas de gras, rien! Et la frite doit croquer, puis devenir moelleuse...
Autre plaisir, certes, la frite de ducasse, bien grasse... Mais c'est un contexte différent! Avec les sauces lourdingues qu'on s'en fout partout! tandis qu'avec les mains visqueuses, un gros type pelote sa coumère dont les seins s'huilent sous le tissu, le gras se mélangeant à la sueur, laquelle subvertit le nylon qui gratte du soutien-gorge pas cher...*
Il faut savoir roter les boulettes frites à l'ail: c'est de l'art de vivre pur! Ca ruine l'estomac, bousille le pancréas, rapetasse la rate, mais c'est bon dans le genre comme ça!
La diversité de nos plaisirs possibles répond à la diversité de nos êtres uniques!
* On s'y croirait, non? Savourez en esthètes ce gros style putassier!