De quel droit m’aimes-tu ?
L’indifférence, ça ! Oh oui ! J’en veux ! Parce que de
l’amour, comme j’en ai vu s’agrapiller sur moi, macache ! Saloperie fétide et
caca dix de der ! Vacherie de honte bue ! Au moins, l’indifférence, ça se ravale, se réabsorbe et de travers puis bouche-bée. Mais c’est bien mieux
que l’amour-vrai, celui qui colle au cœur comme de la boue aux bottes ! L’amour toxico-claque de ceux qui, pouah
! nous aiment comme les poux aiment les têtes. Nous aiment jusqu’au sang ! Avec
l’application qu’on trouve dans les pages psycho des magazines pour dames. Avec le mode d’emploi terriblement précis.
Crachons en pleine gueule le reproche dentu : De quel droit m’aimes-tu ?
En ajoutant, oui : Toi ! Qui es tu, nom de d’là, pour, TOI
oser m’aimer ? Avec en loucedé, dans
le secret des ton âme, les tourbillons du fleuve affectueux comme il faut plein de gluances
terribles et conformiste en vrai. De gluances morveuses, sale amour mortifère.
Qui donne le fiel en pépites amour enfer, don empoisonné, sincère d’une main
sans flammes apparentes. Mais il y a de l’enfer au creux de tes deux paumes !
Tu t’es vu dans une glace ? Alors, réponds moi donc : De quel droit m’aimes-tu
?
Tu m’as refilé ton amour fonctionnaire aux horaires
éprouvés. L’amour ainsi toisé par qui l’éprouve en moche sait choisir en sa proie comment s’accrocher mieux.
Cherchant le poisson vif parmi mille murmures. Avec des coloris de fable
nunuche. Sang caché, pas d’empreinte :
Ton de voix fatal à la douceur factice. Attentif prédateur et correct-magazine
! Mai bon sang de bonsoir et nom d’une pipe en bois, je ne t’aime pas, moi ! Je
te respecte, moi ! Je ne te plaque pas mon cataplasme cardiaque en plein dans
l’affectif comme une baffe dans la gueule ! Alors, nous fais pas chier : De
quel droit m’aimes-tu ?
Trouver ce qu’il faut dire avec ce qu’il faut taire. Si ça
ne marche pas, c’est doucement ta
faute. Puisqu’il voit clair, le pou, celui qui veut faire l’autre. Et qui n’est
qu’un gros soi grossièrement parqué dans son coeur barbelé mais vraiment comme
il faut de lecteur de notices. Etre aimé de la sorte, ça vous ronge le foie.
C’est de l’amour, pourtant. Qualité d’après guerre. De quel droit m’aimes-tu ?
Ah ! Ben oui ! Ca existe ça, des amours abusifs ! Ah ! C’est du
méthodique, du sérieux-la-prâline, du
qui négocie sec. Un amour ordonné ! Contemplons-le, rangé comme une
cuisine feng-shui de femme à peu près
seule et le devenant toute.
Regardons-le ! Il s’éclaire et net, militaire angélique !Avec un sourire béat
genre adjudant pète-sec demandant en mariage une fille vacharde aussi nulle que
lui !Amour d’homme au gratin d’esprit gras qui battrait sa compagne faute de
quelqu’un d’autre. Sauf qu’il ne le fait pas, car la mode dit non ! Il a
d’autres moyens ! Psychologiques, ma foi… De quel droit m’aimes-tu ?
Et réciproquement, ça se ronge et ça s’aime ! En toute
bonne conscience puisqu’ils lisent tout deux la précieuse gazette à psychologie vraie pour atteindre le « clair »
dans une psyché correcte, avec beaucoup de zen puisque c’est à la mode ! On
s’applique bézef ! On y arrive enfin ! Alors, l’indifférence, à côté de tout
ça, c’est un gâteau géant ! On se le carre sous la cerise et ça fait du nanan ! De quel droit m’aimes-tu ?