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orlando de rudder
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6 mai 2008

Cerise et cheval fou

Je l’aimais pour ce qu’elle fut ! Que sera t-elle jadis quand tout nous reviendra ? Nous avons vu la nuit réglisse pure et violette juste avant avec le chien, le loup, pas encore de cheval. Terrible est la douceur qui se regrette déjà, comme si le passé proche en futur repartait, Je l’aimais pour demain en prévision d’avoir, pour le futur qu passe à enjambées d’argile. Sauf qu’on ne sait pas quoi ni comme demain sera. Je l’aimais en avide de son temps, luron de sa gaîté, espiègle son sein s'échappant du corsage comme par inadvertance pour mieux me le montrer. Que fera t-elle demain ? Je l’aimais tout de go, à cause du cheval fou qu’il ne faut pas dresser. Le tuer pour les manger? Ca rend trop extatique : un crépuscule advient et l’on devient idiot ! Je l’aimais pour la violence des tendresses opportunes. Comme je n’ai plus d’extrêmes, je choisis la candeur ! Y a des brins de muguet à coups de pied au cul ! Je l’aimais par ce qui la fait cerise : c’est un oeil qui boit trop celui du cheval fou. Nous allons le manger à la mode fidèle avec du sel partout et du piment farouche ! Je l’aimais au galop avant d’inventer l’amble incongru d’une autruche s’avançant dans mon cœur la tête dans le sable et je l’aimais aussi pour les corps entremêlés dans l’embrouillamini de l’amour aux beaux draps! Je l’aimais pour le retour d’un torpillage marin, le temps cadenassé qui n’et jamais content et les tiroirs fermés de mémoire en gésine. Je l’aimais à cause de des myosotis aux pétales tranchants affûtés en vraies faux, inconnus des fleuristes et des dalles de pierre. Je l’aimais en glissant une main sous sa jupe, glorifiant la bernique avec le sentiment que le ciel est idiot. Je l’aimais pour faire cuire la chair du cheval fou en la marinant dans les larmes acétiques, les remords de vinaigre, l’agonie niquedouille des amours imparfaites, mais ça ne fait rien puisque tout se mérite. Je l’aimais par un clou de girofle dans l’œil du cheval fou, parfumant la cerise avec un goût du jour. Et nous avons vécu un hiver somnolent avec un peu de chance et la mer nous a bus !
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