Mains...
Ca fleurit peu, les mains. Mais les doigts si tu veux, jouent quelquefois la douceur. J'ai vu, en lavant les sols que des mains, par terre, peuvent glisser. Dans une chambre. Et attirer le menton sur le dallage. Ca fait mal. Tu sais?
Dans une chambre? J'ai mal formulé. Une pièce à lit, certes. Mais une chambre, ce n'est pas pareil. Même si l'on trouve des cheveux agglutinés dans les recoins. Les mains saluent le sol en passant la wassingue.
Non, ce n’est pas une chambre. Pas une vraie. Il y manque quelqu’un. Les cheveux ne suffisent pas. Le vide fait mal aux yeux. L’odeur du savon frais acidifie mes yeux. Si j'avais su aimer, je ne serais pas là.
Aurais-je un vrai cerveau? Des mains très caressantes? Il faudrait plusieurs vies. Mais qui donc n'et pas là? Je sens trop cette absence dans cette chambre vite aménagée. Une pièce comme tant d'autres. Avec des cheveux agglutinés. Des moutons sous le lit. Un lit. Ppur faire semblant d’être une chambre comme une autre.
C'est par un printemps obscur que j'ai tout découvert. J'étais enflammé, avec les joues en feu, rouge comme en peinture. J'ai inventé mon geste. J'ai étalé mes doigts sur le sol en lavage. Mon cœur a sursauté. La wassingue a giclé. Et j’en sais quelque chose : Ca fleurit peu, les mains.