Qui ose écrire « looser » n’est pas loser qui looses, mais un oseur osant.
Aucune arme…
Le français et l’anglais sont des langues qui ne peuvent se passer l’une de l’autre. A condition de savoir aussi transformer les mots : Winchester, jadis, est devenue Bicêtre et l’on ne peut que s’en féliciter : Aucune arme ne s’appelle Bicêtre, même au Kremlin qui devrait être quasi homophone de Gremlins, surtout quand n’y vivaient que des Mogwais gouvernementaux et débiles de même.
Maquedot, amère loque !
La langue d’accueil a le droit de transformer les mots immigrés avec une belle délectation, de la même façon qu’un cuistot japonais peut transformer une bête baleine en délicieux sashimi. On ne saurait faire de fautes d’anglais en français ! Hélas, on n’ose plus transformer comme avant ! On change d’espace en prononçant « à l’anglaise » les mots anglais, ce qu’on ne saurait pas faire pour la plupart des autres langues ! Exit, les boulingrins et les Bouquinquant ! Même s‘il nous reste le âme beurre guerre et le maquedot (l’étymologie ? « Mac », proxénète, et « dos », signifiant la même chose en argot ancien : nous nous sommes vendus comme des harlots aux pommes mal frites, à la culture amère et loque. Et certains protestent parce qu’on ne le fait pas assez en refusant de dire « loser » là où looser et épatant ! )
« Fautes »!
Car, certains s’insurgent contre une « faute » (rappelons qu’il n’y a pas de fautes en langue, ni en orthographe, mais des erreurs ! Le fait de nommer cela « faute » est grave, constitue une faute morale et montre un vrai totalitarisme ! Le premier qui a osé parler de faute a montré son pouvoir de rascal méphitique et de coyote xanthogaster doublé d’un orchiclaste :Celui qui parle « mal », écrit « mal » serait en faute… Comme tous les pauvres ! Le purisme attaque toujours les « autres » ! Et ne défend qu’illusoirement une supposée « pureté » de la langue. Il ne s’agit que d’ostracisme, de racisme, de ségrégation ! ) courante : Looser, en français au lieu de loser, en anglais… Looser mérite d’être un nom français ! J’adore les longues parenthèses qui font perdre le fil.
Un pou dans la mouise !
Car c’est une superbe création langagière fondée sur l'expressivité! L'anglicisme devient polysémique tout en ajoutant un rythme au français: Loose, perte, certes, mais ce qui est lâche en vrac, mal fichu, avec, phonétiquement le rappel de louse (pluriel lice), le pou, le déchet humain... Blues et bouse, flouze qui manque, mouise et tout ça... Univers miteux efficace est mesquin !
Esthète.
Toute une série de correspondances se fait jour dans l’allongement vocalique, vieux moyen d’offrir une somptueuse expressivité révulsant le puriste et réjouissant l’esthète qui jubile et qui savoure ce mot en s’écriant « miam-miam ! En voilà du nanan » ! (L’avions-je bien allitérationné ?)… La création inconsciente d'un Français vaguement anglophone a créé une petite merveille de joliesse quotidienne!
Plaisir rare.
De plus, en écrivant looser, ce que je compte faire aussi désormais que dorénavant, on déguste la joie subtile de passer pour un ignorant, un con, un louse illicite, un mauvais français aux yeux des pouacres prétentieux qui disent tranquillement « parking », qui est nécessaire en français et inconnu en mégalobreton. Passer pour un ignare aux yeux des fliquounets linguistiques est un plaisir rare.
Conclusion.
Bon, c’et pas tout ça, je vais aller à l’estaminet du coin de la rue qui tourne pour me taper un bon petit genièvre (jnieff’ ou schnick en patois !)… de Loos !
N.B: A re-rééditer d'urgence: La grammaire des fautes, d'Henri Frei