Ce n’est pas par hasard : La guerre est revenue!
La guerre ? On l’a bercée dans son berceau d’aube froide ! Et puis on l’a pilée comme un glaçon joli. Elle fut comme des diamants ou le verre fracassé d’une fenêtre aveugle ! Tant d’hommes ne voient plus rien qu’on ne voit plus non plus ! Et les oiseaux se taisent cependant qu’on se tue !
« Je suis le mieux abandonné » crie un soldat qui meurt, déchiqueté vivant par un obus ronflant. Ce n’est pas vrai : il y a bien pire et des yeux qui le voient ! Les corbeaux sont repus, attendant le silence. Le silence qui fait mal et que des râles arrachent
Ils ont changé les corps ! Ils les ont effacés, Les oiseaux sont au monde pour chanter malgré tout. Pas de mort solennelle, le glas explose en vain. C’est parfois ridicule un cadavre tordu.
La mort attend ses hôtes, ses invités, gourmande. Une tombe est la demeure présente et nécessaire. Mais il n’y a que la boue : on marche sur des visages, des faces pavant le sol.
Ce jour de la bataille est partout repéré. Il n’y manquera pas d’atroces féeries. On manque de chansons ? On beuglera les mêmes ! Et les femmes qu’on aimait devront bientôt pleurer !