Matines aux deux cœurs muets
Et voici donc, la vie, entre deux mondes taciturnes, nuit qui s’achève, matin venant : le chien mange le loup et moi une tartine après avoir croqué en plein corps de ma mie. Je veux vivre beaucoup mieux que l’oeuf-dur-mayonnaise ou que le chien qui pue : Voyez les animaux : ils sont inexcusables !
Ce qui demeure muet dans mon cœur à la coque est vachement vivace, une lumière de peau qui m’attendrit ; ma coquille se fendille et je en suis pas chien, même qu’on n’est pas des bœufs : C’est l’azur refusé. Voyez les animaux : ils sont inexcusables !
C’est fait comme ça, le jour d’après la satisfaction crépusculaire d’une étreinte flamboyante encore que matinale. Dans l’odeur de la nuit. Avec l’esprit obscur. Avec le sexe clair. Après, on mange du pain qu’on trempe dans les tasses. Voyez les animaux : ils sont inexcusables !
Journée : une halte entre deux vies ! Temps de l’âme vie, encore en autre âme oubliée, en notre âme incarnée. Il y a eu la sentence le va-et-vient charnel, les frontières béantes aux bouches de bienvenue. Et le café au lait tranquille, dans la faïence blanche, malgré son sort certain. Voyez les animaux : ils sont inexcusables !
Entre deux nuits, il fera bon penser, après s’être lavé des puretés onctueuses. Pensée, force majeure ! Lumière d’amour qui colle, humanité pur miel et piment de l’aurore. Café au lait qui choit sur l’estomac avide et tartine spongiforme, molasse qui se délite. Voyez les animaux : ils sont inexcusables !
Matins fluides et tendres. C’est le bord du chemin. Tu es très aussitôt quand tu tranches le pain. Mais tu es bien trop tard quand tu es habillée. Et que mon cœur fait l’œuf et qu’il est moins le quart ! Voyez les animaux : ils sont inexcusables !