L'interprétation des rêves, le sommeil, le songe, les rêves, les clés, tout ça...
Fais que ton rêve soit plus long que la nuit.
L'esprit faux... Enfin, bon, pas la peine d'insister, de commenter! Totoseb analyse ses rêves! Et c'est burlesque! http://huggyhome.over-blog.com/article-10461095.html
Cette façon complaisante de parler de soi est assez sinistre! Ca pue le malheur tut aussi complaisnt,ou "complu" Est-ce... Significatif? Quand on parle de soi il faut au moins de l'humour! MAis on a vu que Totoseb a le même caractère que Sarkozy quand on le contredit ou qu'on n'est pas d'accord avec lui!
Il est parfait!
Rappelons que, que l'on soit critique ou non, l'interprétation des rêves est une technique précise,minutieuse, rigoureuse, difficile. Qu'elle demande de l'aide et, comme toujours, dépend de la sagacité du "patient"! Et que ça fait parfois mal!
Là, nous avons le type de rêve d' "école", assez classique, ce qui ne veut pas dire qu'on puisse y plaquer une analyse toute faite! Mais il faudrait que, même s'ils ont la mentalité du "recevoir sans donner" qui mène aux engagements généreux de pure forme, les gens comprennent que tout dans la psychanalyse est "travail" et qu'un rêve ne s'analyse pas comme ça, ne s'exhibe pas comme ça par des exégèses frivoles, mis tâchant de faire sens, d'amener le lecteur à une approbation de Totoseb, faute d'avoir la sienne propre (ça hurle, le non-dit) le tout en forme de brèves de comptoir.
Nous demeurons dans le symptôme, semble t-il! Enfin, dans l'exhibition!
"Analphabête de sa propre vie"! L'expression est de Camille Laurens, dans Index.
Cela dit, j'ai commis, en tant que "nègre" deux bouquins hilarants, des "dictionnaires des rêves" vaguement inspirés d'Arthémidore, comme les autres, mais avec une sauce Tertullien du plus bel effet. Est-on coupable de mauvaises actions commises en rêve? demandait Tertullien! Doit-on aller en prison parce qu'on a rêvé qu'on volait ou qu'on tuait? Est-on adultère parce qu'on a rêvé qu'on couchait avec la voisine? C'est un problème entre justice (droit) et morale! Le péché par intention, la puissance et l'acte!
On n'a jamais posé la question de savoir si quelqu'un est coupable du fiat qu'une autre personne l'ait vu commettre un crime en rêve! "tu es coupable de moi-même"! Et purtant! Ce serait une illustration du principe de projection/introjection non particulièrement freudien!
Quel est le rapport du rêve à soi-même? Quel et ce "moi" qui subvertit le "je"?
Ainsi, que penser de l'acte d'envoûtement? Si Totoseb fabrique des poupées à mon image et les perce d'aiguilles noires, est-il justiciable? Non, bien sûr.. au terme de nos lois...Mais pour Tertullien.. Ceci en plus, pour lui, du crime de magie noire! Peut-on rêver la loi? Que se passe t-il quand Alice s'endort près de la rivière après avoir vu qu'il n'y a pas d'images dans le Livre que lit sa soeur... Les rêves de Pinochio sont-ils de rêves en bois comme les chèques du même nom? Encore une question à poser à propos du pur chef d'oeuvre angoissant de Collodi (pseudo!) que l'on n'oserait pas publier de nos jours!
Le rêve n'est pas un simulacre, il ne remplace rien.
Par rapport à Arthémidore d'Ephèse (hommage au grand prof , à l'historien génial avec lequel j'ai étudié ceci: Jacques Le Goff), Freud a changé la perspective: les rêves ne disent pas l'avenir,mais le passé... Mais comme le passé est devant nous par reproduction et surgissement du refoulé, nous voici bien embêtés. La psycho génétique fait des croches-pattes au temps... Mais nous savions le faire bien aussitôt qu'avant!
Piere PAchet écrivit jadis Nuits étroitements surveillées,ouvrage dans lequel il évoque les "psychologues en bonnet de nuit", les gens qui étudiaient, dès le XVIIIe.s leurs propres rêves avec un carnet sur la table de chevet...PAssionnant, amusant, touchant... Ce livre doit encore se trouver.
LEs rêves antiques et médiévaux sont souvent fondateurs dans leur relation.On en a un exemple dans les Confessions de Saint Augustin. D'autres, encore plus étranges et producteurs de jeux de mots à la mode du temps chez Gautier de Coinci et passionnant dans le De vita Sua de Guibert de Nogent que j'étudiai jadis sous la férule de Bernard Cerquiglini (ad usque fidelis) , prof épatant...
Après, il y a, bien évidemment, Diderot! Quelle étrange démarche que d'invener les rêves des autres, de ses contemporains, de ses amis que l'on rencontre quodiennement! Le rêve se construit alors comme interprétation de lui-même... Imaginons que l'on dise à quelqu'un: "je vais te raconter, et raconter à un vaste public, ton rêve"... Alors que ce rêve n'a jamais été rêvé, du moins par le rêveur supposé.
L'étymologie du mot rêve est cuieuse: on suppose un re ex vagare: "re",la répétision, ex; "en-dehors" et un vacare populaire devenu par sonorisation régulière vagare, le tout signifiant approximativement: recommencer à se balader en dehors". Vaste progamme!
Mais le mot signifiant rêve, au sens actuel étai somnium, qui a donné "songe" et "somme" comme "sommeil".. aujourd'hui, "songer" c'est être éveillé, mais distrait ou préoccupé, contrairement au somme qui est dormition et... sommeil. Chateaubriand se disait parfois "songeard"!
L'inerprétion du rêve, chez Feud, se rapproche de l'étude psychanalytique littéraire... Quand Freud analyse la Gradiva de Jensen , si finement d'ailleurs, ne procède t-il pas comme pour un rêve? A moins que cette analyse, elle-même, soit le rêve de Freud!
Inventons nos rêves! De toute façon,ils ne "vivent " vraimetn que lorsqu'on les raconte,par la relation! Même intime et secret,inavoué ou enfoui, le rêve est un fait social! Totoseb nous le prouve en définissant une place au monde! Hi! Hi! Ô rêve, ô outil du réel! Praxis et speculum!
Quel autre rêve aurais-je pu songer à la place de celui-ci? Et comment rêverais-je de telle chose... si j'en rêvais! De quelle étoffe sont faits les songes? "Je rêverai ton rêve"!
Rêvé-je. Songé-je?
Et nous voici dans le souvenir de Guillaume IX d' Aquitaine, du poème absolu composé en dormant, un poème de "pur néant" s'assouvissant du vide et du pas d'un cheval:
Farai un vers de dreit nien,
Non er de mi ni d'autra gen,
Non er d'amor ni de joven,
Ni de ren au,
Qu'enans fo trobatz en durmen
Sus un chivau.
Il s'agit d'un poème "qui ne parle pas de soi, ni d'autres personnes, ni d'amour, ni de jeunesse ni de rien d'autre... Un poème composé à cheval, en dormant"!
Un rêve en quelque sorte...Avec un cheval, avec le néant! Quelques éléments d'un classique onirisme!
Du "Prince d'Aquitaine", troubadour au luth plein d'étoiles, à la tour dûment abolie, nous rejoignons Nerval...
Et nous sommes loin des exhibitions malsaines de Totoseb!