Annie.
Jacinthe. Le lieu : Boire. L’eau vive désaltère peu. Attendons le repos. L’invasion du silence qui et comme l’eu, qui pénètre chaque creux, chaque interstices… Chaque trouble.
Narcisses. Mordre : Un arbre monte la garde. Avec se gueule de torse convulsé. Et ses fragments d’écorce discontinue, chemise déboutonnée, déchirée, à recoudre et ravauder. Ca ne fait rire que moi ou, peut-être, Annie.
Frontière : D’ici, on peut entendre les cloches. Leur bruit qui ruisselle. Etranges lèvres qui demeurent en la même dimension ! Moi, j’aime l’air qu’elles déplacent et quand je reviens de la rivière, je me soule en-dessous. Et tout en dégustant de la liqueur de bruit, je me sèche les cheveux au souffle des grandes cloches. Leur bouche est une frontière qu’on ne peut que franchir..
Bronzées : Les cuisses d’Annie qui retrousse sa jupe et veut dire qu’elle attend, et n’attend pas longtemps ,la source chante, mais c’est Annie toute seule qui m’abreuve et désaltère, et me soule encore plus que le fracas des cloches! Il faudra bien qu’un jour nous tuions son mari.
Racines : La voix qui regarde au-delà de la chair : Je devrais hurler, plus fort que toutes les cloches. Il faut encore du temps pour que je devienne fou. Je manque de circonstances. La campagne est trop calme. Et ma voix, fruit cassé, peine trop à se déraciner, s’arracher de la chair, glotte et luette, gosier !
Sanglot : Tuer, ça prend du temps et pendant ce temps-là je ne serais pas agglutiné aux deux seins d’Annie. Et c’est bien pour cela que je retarde le jour de la tuaison ! Il faudra bien le faire : Son mari est trop là. En plus il nous dérange puisqu’il existe en vrai. Et le jour de son deuil on sonnera les cloches ! Bronze en forme de seins au lait de pur fracas ! On pleurera bien fort, on boira, on boira…