Viva la revolucion ! Arriba, Anda ! Capitalisme cannibal!
Quand on est dominé on n’en pense pas moins. Ca bouillonne en dedans, on imagine des meurtres atroces. Des tortures ineffables. Des brutalités moches. On enrage, on peste ! Rêves de sang, d’organes épluchés, d’yeux crevés sauce tripaille ! On lui bouffera la rate, les muscles et mêmes les dents, à l’oppresseur infâme. Ce sera rigolo, on chantera des hymnes, on boira du vrai vin et des alcools mastoc !
Des fois même, on en rit tout seul. On est là, en plein boulot de merde. Des fois même on nous fouette. Ou alors on est pas payé. Ou peu. Eh bien, malgré tout ça, dans la besogne infâme, le travail inhumain qui nous brise et nous ronge, on se marre soudainement : On lui fera la peau au salaud des salauds ! On lui pèlera le jonc à l’économe d’inox ! On frira ses oreilles en margarine rance ! Ses arpions bouilliront dans la pisse de vache ! On dansera, pardi !
Et les enfants, hilares, entoureront dune ronde le supplicié maussade devenu loque infâme et sanglante de surcroît ! Ce sera tout olpif, gouleyant, et puis suave ! Educatif, moral et tout plein d’enseignement !
Oui, on lui ourlera le foie avec un moule à gaufres ! Et puis son crâne, on le tartinera de piment de Cayenne et de raifort musclé ! On lui marouflera chacune des narines de ce vénéneux boss de moutarde à l’ancienne, parce que la tradition, pardi, ça a du bon !
Parce que ça ne peut pas durer, de marner comme ça, d’être moins que rien au monde, soumis, catastrophé ! De se trouver ainsi se crevant à la tache, avec pas d’avenir, de présent, de vie vraie ! D’être maltraité glauque et mochement nourri, pour un salaire infime, des coups ou de la mort ! Ca ne peut pas durer ! Et ce jour là, youpi, on va voir ce qu’on va voir ! Et c’est pour ça qu’on rit au milieu du malheur… Un beau jour, tu verras, salaud, on se rencontrera et t’en prendra plein la hure !
Parce qu’il faut bien le dire, et même y insister : Quand on est dominé on n’en pense pas moins. Ca bouillonne en dedans, on imagine des meurtres atroces. Des tortures ineffables. Des brutalités moches. On enrage, on peste ! Rêves de sang, d’organes épluchés, d’yeux crevés sauce tripaille ! On lui bouffera la rate, les muscles et mêmes les dents, à l’oppresseur infâme. Alors, oui, on se marre.
Et puis on ne fait rien… Le désespoir revient, on serre les dents qui reste et le boulot reprend. Mais on a bien ri, pour sûr, et pas qu’un peu !