Dans un bordel agreste.
Pas loin de Lobbes et Thuin, dans l’auguste nature se trouve une maison qui ressemble à toute autre. On peut y accéder en longeant une pâture avec des vaches blanc-bleu et de l’herbe virulente. Bien sûr que le chemin est tartiné de boue collante ! En roulant de côté, on évite les ornières.
Et c’est comme ça qu’on fait quand on se veut du bien ! Car là crèchent des gaupes attendant le chaland en sirotant des verres d’on ne sait quel parfum. Ce sont des femmes grasses, avec des seins pompeux remplies de savoir-faire. On peut manger des frites, des fricadelles spongieuses en attendant son tour. Carte bleue acceptée. La serviette est en sus.
Ces filles aiment les histoires d’amour, parce que c’est du chiqué. Dans ce claque rural on les gravit à l’aise et parfois sans silence même si les murs sont minces : La patronne fort avide a pris du placoplâtre pour faire des chambres en plus à bidets associés. Comme c’est fort humide, même quand il ne pleut pas, le placoplâtre spongieux rend toutes les voix causantes plus mates qu’elles ne le sont. Ca n’a pas d’importance.
Lorsqu’on est enfin pris comme poisson en nasse dans le corps de ces drines à quatre liards la durée, on transpire souvent et c’est le dos qui fume tandis qu’elles encouragent en wallon authentique pour qu’on aille plus vite. Ensuite, hop ! Au suivant, car plus il y a du mâle et plus il y a d’argent
Ce vieux boxon rural plus âpre que bon enfant, disparaîtra bientôt à cause du lotissement. Et les grues déjà lasses iront en ribambelle se faire foutre ailleurs. A Jemmapes ou à Mons ? Pourquoi pas à Beaumont ? Y’ a peu de concurrence ! Oui, il faudra partir . C’est la vie qui veut ça. L’immobilier aussi. On ne va pas pleurer, il y a déjà la pluie !