Heure d'hiver
Ainsi le roux devient naturellement présent. Novembre pleuvra tranquille, les écureuils feront la gueule et les martres itou. Moi, je hausserai les épaules sous la pluie. Peut-être que je serai content.
Ca me rappelle toujours des époques de regard. Quand je m’emplissais les yeux de la beauté calme. Quand mon gros chien bonnard se roulait dans l’herbe et s’ébrouait, bien sûr, près de moi, me mouillant, me racontant des trucs de chien en grognant de plaisir. Et renâclant ensuite quand il fallait rentrer.
Il y avait déjà l’heure instable. Alors le thé de cinq heures devenait tardif. Le soleil s’en fout, lui ! Il n’a pas comme moi des rituels de vieilles anglaise. Le thé, ce n’est pas son truc. Ni les speculoos maison avec de la bonne cannelle dont on concocte aussi les glaces puissantes… Pauvre soleil, il ne sait pas ce qu’il perd. Tant pis, c’est comme ça. Phébus devrait en avoir marre de se balader dans son char…Mais ça ne fait rien, on vit quand même. Avec l’heure instable.
Mon chien, lui, il voulait un bout de sucre, de speculoos. Pourquoi pas ? Je l’ai nourri pur beurre et puis voilà. Il n’aimait pas le thé, le Oolong précieux au goût de fruits très mûrs. Est-ce son seul point commun avec le soleil ?
Savourer le temps qui passe, écouter la pluie sur la forêt, comme giflant les feuilles encore accrochées… A la bonne heure !