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orlando de rudder
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15 août 2006

Pêche melba

A la demande générale d'une lectrice, voici un extrait d'"Aux petits oignons", mon ouvrage qui praît fin septembre. (voir commuiqué de presse).. j'ai déjà publié cet extrait. IL vient de l'article "pêche" et concerne la pêche melba la vraie, pas le machin qu'on nous sert généralement sous ce nom: Avant d’évoquer un dessert passionnant, il convient de parler de celle qui en fut l’inspiratrice. Car, comme on le verra, l’une explique l’autre. Helen Porter Armstong, née Mitchell (1861-1931) , fut une chanteuse exceptionnelle que l’on peut entendre sur des CD « remastérisés ». Soprano colorature, elle fit carrière sous le pseudonyme de Nellie Melba. Sa voix nous charme toujours par sa clarté exceptionnelle et sa sensualité sublimant les émotions avec un brio qui ne le cède qu’à une rare profondeur. On vibre en écoutant Melba. Mais peut-être moins que certains spectateurs de jadis! En effet, la légende veut que, durant une représentation d’Othello, en Amérique, la chanteuse interprétait Desdémone avec une telle chaleur qu’elle faisait pleurer maintes spectatrices, mais aussi des spectateurs lorsqu’Othello l’étranglait. Alors, pour « calmer le jeu », elle faisait un signe. Et l’on apportait un piano sur la scène. Nellie Melba, excellente pianiste, jouait et chantait alors Home sweet home. Le public reprenait en choeur et devenait moins triste. Alors, on pouvait poursuivre la représentation. La cantatrise se recouchait, et Othello pouvait enfin l’étrangler à son aise. En 1894, après une représentaiton de Lohengrin au Covent Garden, à Londres, Nellie Melba alla dîner au Savoy, où régnait le chef Auguste Escoffier. Ce dernier, en hommage à la grande musicienne se mit, comme il l’a écrit ensuite, à Tailler dans un bloc de glace un cygne et entre les deux ailes insérer une timbale en argent. Couvrir le fond de la timbale de glace à la vanille et sur ce lit de fine glace déposer des pêches à chair blanche et tendre, débarrassées de leur pelure puis pochées pendant quelques minutes dans un sirop à la vanille et refroidies. Une purée de framboises fraîches couvrira complètement les pêches, un léger voile en sucre filé jeté par-dessus complétera délicieusement cet entremets... On peut se passer du cygne ! Notons qu’il n’était pas question de crème Chantilly, délice qui s’exprime beaucoup mieux avec d’autres préparations. Et qu’éxécuté ainsi, ce dessert diffère sensiblement de quelques préparations minables servies sous son nom par un désastreux abus de langage. Ce dessert est puissant : l’acidité des framboises doit attaquer avec force, puis s’harmoniser avec la consistance plus tendre de la pêche qui doit rester ferme. La glace « exige » d’être fortement vanillée. Le tout pas trop sucré. Chaque élément doit garder son goût, tout doit se répondre dans une symphonie gustative. Il n’y a rien de mièvre dans ceci : c’est une préparation énergique, presque violente, émouvante, à l’image de son inspiratrice : Auguste Escoffier, fin psychologue, a réalisé ainsi une sorte de « portrait gastronomique » de cette chanteuse à la tendresse immense mais rêtive. Si ce dessert fut présenté dans un cygne de glace (son créateur ne se souciait pas seulement de « décoration » !), c’est à cause de cette vivacité : il faut qu’il soit à fort basse température, pour tempérer harmonieusement la saveur acide de la framboise. Et c’est pour équilibrer ce goût un peu sûr que les pêches sont cuites au sirop. N’oublions pas qu’à l’époque, les crèmes glacées étaient moins froides qu’aujourd’hui ! Une bonne « « pêche Melba » doit « secouer », presque brutaliser, dérouter les sens, faire frissonner avant de s’épanouir en douceur vigoureuse! Comme la splendide Nellie dans le rôle de Desdémone ! Il existe aussi un « toast Melba ». Il s’agit d’une sorte de fine biscotte, pas mauvaise… Il y a d'autre extraits dans ma rubrique "morale et métaphysique culinaires".
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Commentaires
O
Bien sûr, Chris, que le bon François est contre la tauromachie! Il aime les animaux, comme il le dit dans ses chroniques, mais sans le délire des zamidézanimo patentés! C'est un ancien maçon, de cette immigration italienne qui fut honnie en son temps, comme dans le cas de Remo Forlani et de mes potes ritals! Et méprisée dans les mêmes termes que l'on méprise les Maghrébins aujourd'hui, en les accusant, eux-aussi d'etre "trop fanatiques, trop religieux" dans leur catholicisme... le racisme est indépendant de son objet! Il s'attaque à ceux qui se trouvent là! Il suit une mode. En fait il fait partie des névroses, ces "pathologies de la liberté": il n'a pas de solution, ne peut pas faire du bien à celui qui l'éprouve, au contraire: il fait souffrir le raciste, montre son problème identitaire.Ses projections.Il ne parle que de lui (il a toujours vécu une aventure qui "prouve que...", genre hérisson)IL est compulsif et réitéré: on recommence ce qui fait pal, comme les oisaux qui recomencent à focr dans une vitre qu'ils ne voient pas jusqu'à se fracasser, jusqu'à en mourir. Et le raciste sait que ça ne peut que le rendre malheureux.IL continue... souvent jusqu'à l'obsession... ent rouvant de plus en plus d'arguments... Et en mrflant continuellement.LA névrose, c'est ça: ce qui ne peut pas marcher, alors qu'on le sait. On continue quand même... On en éprouve quelques joies mauvaises,quelques délectations moroses, des bénéfices secondaires, mais ça continue...Il n'y a qu'à voir certaines jubilation mortifères sur certains blogs!
C
Bon Orlando vous m'avez fait baver sur mon clavier. Sans rire: j'ai l'eau à la bouche. <br /> Merci pour le mail au sujet de votre livre et de ceux déjà parus ils ont l'air bien fameux aussi.Je ne connaissais pas cette collection mais il est vrai que je ne connais pas grand'chose.^^<br /> <br /> <br /> Excusez-moi de digresser, mais à propos de Cavanna. Je l'ai vu il y a longtemps dans une émission télé (c'est vieux mais ça m'a marqué) ou il se montrait indigné par la tauromachie. Il avait dit textuellement: "Quand une tradition est mauvaise il faut la changer". <br /> comme vous l'avez connu je me demandais s'il avait pu dire ce jour-là le vrai fond de sa pensée?<br /> <br /> Amitiés Chris
A
Comme la splendide Nellie dans le rôle de Desdémone !<br /> je me pâme...<br /> Merci pour cet extrait goûtu...<br /> Amitiés<br /> Amel
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