4 août 2006
Crimson glory.
Seuls les Dieux cachés savent encore se taire ! Jadis les sources beuglaient des hymnes à sourde-oreille. Même les sourds d’aujourd’hui ne les entendent plus. Quant aux poèmes écrits sous le dessous du ciel, ça cravache le soleil : ou voici dans une serre.
Va t-on avoir la guerre ? Ce serait habituel. Et l’on verra peut-être quelques nouveaux miracles ! C’est un sport éprouvé quand la mort se régale !
Dans mon jardin j’ai vu une crimson glory faisant un peu la fière. Mais elle avait raison. Dans la boue immobile, des insectes se tuent. La nature n’est que guerre, surtout quand elle est calme. Le furet croque sa proie, les os craquent en cadence. La martre assassine se délecte plus loin. Mais n’a pas tout mangé de ce qui fut vivant et de ce qu’elle a tué.
Je suis l’être, moi aussi. Je n’ai pas de fusil. L’épicier a légué son revolver à tempe au fils de la crémière, celle qui vendait aussi du pâté de foie rose et même du nougat. La guerre n’a pas voulu tuer ces gens de pourtant, et même de quoi comment. Je suis l’être en dedans, parce que je sois tout seul.
Le soleil cravaché se strie de rouge vif. Et, dans le crépuscule, ça fait un camaïeu, avec le pâté de foie, et la crimson glory. Et même le souvenir d’une femme aimée dont les lèvres flambantes déniaient les morsures.
Trop, trop de dieux qui beuglent par les jours d’à présent ! Ca claironne à foison carminativement. Je sais qu’il y a des pucerons gravissant les épines de la crimson glory. Pourtant, je ne fais rien, sauf une épaisse tartine de pâté de foie rose. Parce que moi, j’ai faim. Je vais tacher de gras mon gros verre de vin !
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