20 juillet 2006
Gueule d’horloge !
Gueule d’horloge !Tu me passe le temps, me le sasse, le ressasse ! Tu me filtres les heures par ta présence même ! Je ne suis pas ton temps, ni ta montre ! Que faire dans ton gousset, matrice de la mort : tuer le temps ?
Carapate !
Gueule d’horloge ! Tes deux yeux me dévorent comme un onze au cadran ! Es-tu ma dernière heure, la minute qui ment, celle qui fait encore croire qu’une autre va s’ensuivre ?
Comme un onze au cadran, qui ressemble à un deux à la mode romaine. Comme un onze au cadran qui fait le neuf-miroir sous le soleil d’antan. Oui : le soleil vieillit !
Escapade !
Gueule d’horloge, tu débordes ma vie aux rayons insensible d’un soleil sans style, tu est l’effroi tranquille, l’immobile terreur, la teneur de la mort et le déchant du jour !
Fugue !
Gueule d’horloge, rien n‘apprivoise rien, pas même la le temps passé, c’est long et parfois lent, ça ne fait que durer. Ne t’attends pas à autre chose ! Le vent ne fera pas bouger la moindre aiguille, sinon…
Evasion !
Gueule d’horloge, tête de mort, à la faux-balancier au ressort source vile, ce qui se dit printemps ou recommencement dès qu’il va se faire tard !
Départ !
Gueule d’horloge en bois brun qu’on astique et qui traque le moindre petit moment pour qu’il n’existe plus ! Tu n’est qu’un ventre froid, intestins de rouages, estomac de métal, émonctoire en marteau, jaquemart meurtrier !
Fuite !
Gueule d’horloge !Tu me passe le temps, me le sasse, le ressasse ! Tu me filtres les heures par ta présence même ! Je ne suis pas ton instant ; je ne suis pas ta montre ! Que faire dans ton gousset, matrice de la mort : tuer le temps ?
Adieu !
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