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orlando de rudder
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9 mars 2006

Oarystis ovin.

Sous le lit de l’amour gisent aussi des poussières. Quiconque les balaie perd un peu de son temps. Elles reviendront. Non pas elles, d’autres. Pour vivre une petite vie. Celle d’un mouton sous un sommier. C’est ennuyeux. comme la pluie. En plus sec. Là haut, sur le matelas, ça cause et puis ça parle : - Bernique à vent du large, il s’agit bien de croître en à-deux folichon ! - Basta, morosité, on te va se jaillir telle une lumière mauve ! - Tu va voir, tu vas voir ! - Encore, par pitié! Sur le lit de l’amour, le désir amusé tire les ficelles. Il se fout des poussières : il possède des moutons un peu plus glabres. L’amour essaie de rendre toute flamme moins mauvaise. On ne sait ce qui rassasie, on ne sait ce qui brûle.Sur l’oreiller s’agite un paradis de plumes. On devient à l’envi aussi bête que ses mains. Ces gestes, mon amour, ne sont même pas à nous. Rituels du plaisir. Inventons des paroles : - Avec toi on dirait qu’on a plus de jours noirs ! - On va loin, tagada ! Je t’emmène, youpi ! - Oh la la ! Doucement, oui, voilà, fais-moi le tour du monde ! Pas trop fort tout de même ! - Laisse toi faire : je m’en va t’embarquer au pays d’outre-tout, - Ousque le ciel est bleu ? - Absolument certain ! - Va s-y donc, mon mignon ! Agrippe mon passeport ! Les corps nus se consultent. Ils tergiversent. Ils se tâtent tandis que d'invisibles, ombres asistent en rigolant au spectacle ordinaire. On connaît la chanson ; elle joue à qui perd gagne. On ne se bouffe même pas, sinon par petits bout. On se consulte physiquement, on croit gagner du temps ! Même si l’on va trop vite et que tout est raté. - D'abord, un peu qu’en v’la du feu d’artifice ! - Jaurais pas cru ! Hé non, j’aurais jamais cru ça ! - C’est du soleil au même : montrons tous nos visages ! - Et nos masques repus! - Je me sens bien, et toi ? - Un peu qu’on est vivants, et plus que ça, Pas vrai ? - Les cigarettes, là, là, sur la table, à côté de la lampe ! Sous le lit de l’amour, les moutons n’ont pas d’âme.Autrement, on verrait de minuscules larmes sur les lattes du plancher tandis que le lit grince…
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