11 janvier 2006
Assassin
Le monde entier se penche sur el lit d'un malade. Qui est aussi un criminel! Le simple fait qu'il ait pu devenir un homme politique en Israël montre combien ce pays est peu indépendant, et ce qu'il doit aux U.S.A, mais c'est uen autre histoire.
En attendant, Si Sharon étai- de n'importe quelel autre nationalité, il serait en prison comm un Milosevic ou n'importe quel assassin... J'ai pris ce résumé au hasard.;Je rappelle qu'en Israël il existe une résistance contre ce genre de malfrats et contre le régime haineux, colonialiste, yankee, oppresseur. Ils ont bien des problèmes et sont persécutés:
(Tiré du Monde Diplomatique)
Ariel Sharon : (1928- )
Il est des vocations précoces. À 14 ans, Ariel Scheinerman dit Sharon - né en 1928 au moshav Kfar Mahal d’un père originaire de Brest-Litovsk et d’une mère biélorusse - entre dans la Hagana, l’armée clandestine du Yichouv, puis prend part à la guerre de 1948. Moshe Dayan le remarque lors de manœuvres et le nomme chef du renseignement de la région Nord. En 1953, il est chargé de constituer la nouvelle unité 101, un commando destiné à « riposter » aux infiltrations de fedayin. Dissoute, cinq mois plus tard, dans un bataillon de parachutistes, l’unité 101 aura le temps de perpétrer un massacre. Pour venger une femme de Yehoud et de deux de ses enfants, Sharon et ses « frères d’armes » passent la frontière, dans la nuit du 14 au 15 octobre 1953, pour dynamiter une à une toutes les maisons du village jordanien de Qibya, dont les meurtriers seraient originaires. Mais une soixantaine de civils s’y trouvent, dont de nombreuses femmes et enfants, qu’on retrouvera morts sous les décombres. Dans ses Mémoires, le responsable de ce crime condamné à l’unanimité par le Conseil de sécurité des Nations unies fanfaronne : « Après Qibya, on pouvait espérer que les terroristes y regarderaient à deux fois. Ils savaient aujourd’hui qu’ils risqueraient de payer cher chaque attaque ». Premier massacre dont Sharon porte l’entière responsabilité, Qibya n’est pas, loin de là, le dernier : il en organisera, en ordonnera ou en couvrira bien d’autres.
Durant l’été 1995, des atrocités commises par l’armée israélienne soulèvent, plusieurs décennies après, une polémique, dont la Revue d’études palestiniennes publiera les principales pièces. Ainsi, le quotidien Kol Hair, en date du 30 juin 1995, raconte dans le détail comment une sorte d’escadron de la mort assassina au début des années 1970 des dizaines de fedayin de la bande de Gaza. Ce permis de tuer hors de tout combat, c’est Ariel Sharon qui le leur donna : à l’époque commandant du front Sud, il « nettoyait » les camps de réfugiés de la région à l’aide de bulldozers. Le 4 août, Yerushalayim et Yediot Aharonot publient le témoignage du général de réserve Arie Biro, qui reconnaît avoir assassiné avec ses hommes, durant la guerre de 1956, 40 à 50 prisonniers égyptiens après la bataille de Mitla, puis des fedayin à Ras Sudar et enfin toute une brigade égyptienne entre Ras Muhammad et Charm el Cheikh. « Si je suis inculpé, il faudra aussi inculper la moitié de l’armée israélienne, qui, dans des circonstances similaires, a agi comme je l’ai fait », déclarera Biro dans Haaretz, le 17 août 1995. Entre-temps, Maariv, le 8 août 1995, rapporte des témoignages selon lesquels Rafaël Eytan en personne, alors commandant du bataillon 890 de parachutistes, a donné à Biro l’ordre de fusiller 49 ouvriers égyptiens, coupables de se trouver là où les parachutistes israéliens atterrissaient. À ce moment-là, précise le quotidien, Sharon avait pris le commandement dans la passe de Mitla. Dans ses Mémoires, ce dernier résume : « J’ai également ordonné le transfert d’effectifs dans le défilé, en nombre suffisant pour liquider dans la matinée les soldats égyptiens qui pouvaient s’y trouver encore, et prévenir ainsi toute surprise sur nos arrières. » Dans le même article de Maariv, le lieutenant-colonel de réserve Saül Ziv décrit ce qui l’obsède depuis : l’épouvantable massacre d’une cinquantaine de fedayin sans défense, assassinés dans leur camion à Ras Sudar. Quant à l’exécution de 168 prisonniers égyptiens sur la route de Charm El-Cheikh, également ordonnée par Eytan, elle a pour témoins le lieutenant-colonel de réserve Danny Wolf et le colonel de réserve Amos Ne’eman. Aux dénégations du chef d’état-major de l’époque, Moshe Lévy, l’historien Meir Pail rétorque : « L’armée israélienne avait honte de publier un communiqué reconnaissant que sa meilleure unité d’élite avait agi avec une telle absence de morale. Notre conscience nationale ne se fondait-elle pas sur la comparaison entre notre comportement hautement moral dans les batailles et la barbarie de l’adversaire ? »
Vingt-six ans plus tard, Ariel Sharon, ministre de la Défense lors de la guerre du Liban, se retrouve au cœur d’un nouveau massacre : celui perpétré, du 16 au 18 septembre 1982, dans les camps palestiniens du sud de Beyrouth (voir Sabra et Chatila). Sur la place des rois, à Tel Aviv, 400 000 Israéliens crient leur horreur. Et pour une fois, le crime ne demeure pas (politiquement) impuni : en février 1983, Ariel Sharon doit démissionner de ses fonctions de ministre de la Défense. Mais son purgatoire sera de courte durée : dès 1996, Benyamin Netanyahou lui confie le portefeuille des infrastructures, qu’il transforme en ministère de la colonisation. Encore cinq ans, et le voilà au faite de sa carrière : sa visite provocatrice sur l’esplanade des Mosquées le propulse, via les élections du 6 février 2001, à la tête du gouvernement israélien. Sous couvert d’éradiquer les racines du terrorisme, le Premier ministre enterre les accords d’Oslo, casse l’Autorité palestinienne et détruit les infrastructures indispensables à la vie de la population palestinienne.
À parcourir ainsi cette vie, on pourrait ne voir en lui qu’une sorte de tête brûlée, à la manière des officiers perdus de l’Algérie française. À tort : l’homme s’inspire d’une idéologie, ou plutôt de deux. D’abord élevé dans le sérail du Mapaï de Ben Gourion, Sharon fit ensuite sien l’héritage de Vladimir Zeev Jabotinsky en participant à la fondation du Likoud. Entre le chef néo-fasciste et le socialiste nationaliste, Sharon réussit une synthèse originale. Du premier, Sharon a retenu la théorie du « mur d’acier » : « Tant que subsiste, dans l’esprit des Arabes, la moindre étincelle d’espoir qu’ils pourront un jour se défaire de nous, nulle bonne parole, nulle promesse attirante ne les amènera à renoncer à cet espoir », écrivait Jabotinsky en 1923. Mais cette force militaire, c’est le chef socialiste qui a appris à Sharon comment l’utiliser : pour imposer le « transfert » des Palestiniens. Depuis la campagne électorale de 2001, l’actuel Premier ministre répète inlassablement : « La guerre d’indépendance de 1948 n’est pas achevée. » Comme l’État d’Israël existe et domine largement ses voisins, cette phrase n’a qu’un sens possible : la volonté de parachever l’expulsion. Autrefois propre – si l’on ose dire – à une petite minorité d’extrême droite, l’idéologie du « transfert » se propage dans la société israélienne. Les médias l’évoquent régulièrement. Des intellectuels s’en font les chantres. Et cette agitation conditionne une opinion traumatisée par les attentats : en deux ans, le pourcentage d’Israéliens favorables au « transfert » est passé de moins de 10 % à plus de 40 %. De leur côté, sur le terrain, les colons – souvent avec la complicité de l’armée – poussent les villageois au départ.
Pour un nationaliste de toujours comme Ariel Sharon, la tentation du transfert se fait d’autant plus pressante que l’État hébreu se trouve dans une situation démographique intenable. D’ici à 2010, le « Grand Israël » comprendra une majorité arabe. Ce piège ne comporte, du point de vue israélien, que deux issues : soit la création d’un État palestinien aux côtés Israël, soit l’expulsion d’un maximum de Palestiniens du « Grand Israël » qui préserve pour plusieurs décennies la majorité juive. Ariel Sharon, comme ses amis, exclut évidemment la première solution. Sans doute rêve-t-il de la seconde. Mais le réalisme et – peut-être – l’âge le poussent à une troisième voie, intermédiaire : la création unilatérale d’un État palestinien croupion, sur la moitié environ de la Cisjordanie, délimité par le mur. Dans cet esprit, le retrait annoncé des colonies de la bande de Gaza et de quatre autres en Cisjordanie, loin de constituer la première étape d’un désengagement général d’Israël des territoires qu’il a occupés en juin 1967, annoncerait l’annexion d’une partie de la Rive occidentale du Jourdain, autour du (ou des) bantoustan(s) palestiniens enfermés à l’intérieur de la soi-disant « barrière de sécurité ». L’expérience montre toutefois qu’un projet, aussi bien ficelé soit-il, peut échapper à son concepteur. Plusieurs dynamiques, en l’occurrence, pourraient se conjuguer pour que le retrait de Gaza débouche sur un autre paysage que celui imaginé par Ariel Sharon : l’affrontement, en Israël même, entre le nouveau gouvernement d’union nationale, les colons, l’extrême droite ainsi qu’une partie de l’armée hostiles au retrait, mais de plus en plus isolés dans l’opinion ; la politique mise en œuvre par le nouveau président palestinien avec, là encore, la grande majorité » d’une opinion lasse de la guerre ; et le désir de la communauté internationale de ne pas rater l’occasion de franchir un pas vers la paix. Il faudra en tout cas d’énormes pressions pour qu’Ariel Sharon, rompant avec son histoire, devienne – à son corps défendant – un De Gaulle israélien…
Page extraite des 100 clefs du Proche-Orient, par Alain Gresh et Dominique Vidal. Nouvelle édition augmentée, 2005, Editions Hachette Littératures.
31 août 2005
Pourquoi n'a t-on pas jugé Sharon? A quqnd une Cour de justice pour cela, comme pour les USA?
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Commentaires