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orlando de rudder
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11 janvier 2006

Poupée de MArc Hortemel, troisième livrai...

Ils sortirent du SEXODROME par une arrière-cour, lampes torches à la main. Il empruntèrent une série de passages souterrains qui les conduisit dans les égouts. Ils étaient à peine remis de leur ripaille qu’ils dégueulèrent leurs tripes sur un rat qui avait eu la malchance de croiser leur route. D’ailleurs tous les rats se barraient... C’était signe que Xénia Ossussrup (c’était son nom d’emprunt terrien) était dans les parages. C’était signe aussi qu’Alain avait toujours une sale tronche. Tandis qu’ils déambulaient prudemment dans ces contrées mal connues, Roger finissait d’instruire Alain quant à l’histoire de Xénia. - Après le crash de Roswell, Xénia s’est rendue au plus vite en France, lieu de prédilection de tous les réfugiés de l’univers. - Ben pourquoi ? - Parce qu’il paraît qu’on y vit bien et que les droits de l’homme sont respectés. Xénia se rendit bien compte que tout cela n’était que littérature et que la liberté tant promise n’était pas celle qu’elle croyait. - C’est que tu causes vraiment bien dis donc ! - Tu sais ce qu’elle fait pour vivre ? - Euh... - Ben, pour vivre, ça fait bientôt 50 ans qu’elle fait la pute au bois d’Boulogne. - Merde alors... - Ouais... Elle prend une apparence humaine, et elle fait passer un peu de bon temps à des terriens qui ne savent rien de son existence. Bien sûr, pour ne pas s’faire remarquer, elle en fait pas plus que les autres putes de base... - Merde alors... - Ben arrête de dire merde alors, c’est chiant merde. - Ouais... - Bon fais bien attention on arrive... - Mer... - Chut ! Surtout n’aie pas peur... Par une entrée dérobée, ils se glissèrent dans un conduit qui débouchait sur une grotte tapissée d’une matière couleur sable, presque visqueuse. Alain eut un mouvement de recul. Roger, bien qu’habitué, n’en perdit pas moins le regard clair de ses yeux. Xénia était assise à même le sol, elle semblait dormir. Les descriptions les plus fines n’en viendraient pas à bout. Elle ressemblait à une pieuvre de taille modeste juchée sur un buste féminin nébuleux lui même comme logé sur un enchevêtrement de pieds et de jambes molles bizarroïdes : c’était comme des cuisses de femme et d’homme très fines terminées par des enveloppes rondes pas plus grandes que des billes pour enfants. Le tout mesurait près de deux mètres cinq deux mètres dix. Toute cette masse de chair - bleue et rouge - vous bloquait les rétines. Xénia avait des sortes d’appendices de différentes tailles, comme des sexes masculins, violacés, verdâtres, bruns ; il y avait des touffes de poils drus et d’autres comme peignées. Et puis des fentes glueuses, des espèces de chattes toutes aussi aimables les unes que les autres. Certaines près de sacs testiculaires, à ce que l’on pouvait distinguer. Des ventouses jaunes et orangées florissaient un peu partout. De certaines fentes on apercevait comme des clitoris en érection qui se répandaient en large corolle, et puis des endroits qui ressemblaient à des mamelons en fleur, à des bouches humaines sensuelles ça et là percées d’anneaux de métal. Il y avait cinq paires d’yeux de différentes tailles de différentes formes, réparties selon quatre points cardinaux. Peut-être en avait-elle aussi dans le dos. Des yeux-mouche, des yeux-bovins, des yeux-doux, des yeux-univers, des yeux-serpents, des yeux-vicelards, des yeux humains... Certains s’ouvraient lentement, d’autre clignaient sous l’effet des lampes torches. Par endroit, des spasmes faisaient gonfler certaines parties du corps. S’il y avait des oreilles, on ne pouvait pas les distinguer. Xénia fit parler l’un de ses orifices : Ouch katkatôo grou chichblârrr sidjoûrrkktâ môkmodétôu ! Alain, dans un éclair de génie, crut que Xénia parlait le Klingon, ennemis héréditaires de Starfleet dans les vieux Star Trek (ouais, parce que dans les nouveaux, les klingons sont devenus les copains de Spok, du capitaine Kirk et de sa bande...). Après avoir gueulé un énorme PUTAIN ! libérateur, Il répondit au hasard des phrases-Klingon apprises par coeur dans ces mêmes feuilletons. Xénia ne comprit apparemment rien à son charabia. Il commencait à transpirer... Il aurait bien eu besoin d’un autre coup de vin de pays des Maures... Il avait l’impression que Xénia s’emparait de son esprit... Peut-être allait-il saisir le sens profond des paroles que continuait de débiter cette créature hors-norme : atchoukk blinkbètôo kènèyôl aktôbarr stôdkotrôkulé ! Oh oui oh oui ! cria Alain. Oh oui oui ! Il avait une de ces TRIQUES ! une TRIQUE COSMIQUE ! Xénia n’était plus qu’à une touffe de poils d’Alain. Il reçut comme des micro-décharges électriques. Elle l’avait saisi de toutes ses tentacules, elle l’avait déshabillé. Il se retrouva plaqué contre Xénia. Ils commencèrent une sorte de danse nuptiale... Alain ne savait plus où donner de la tête. Il y avait tant de fentes et d’appendices qu’il choisit de tout se faire au hasard de son inspiration. Une fente était gelée une autre très très chaude une autre piquotait une autre mordillait une autre pinçait une autre encore ne voulait plus vous laisser sortir... Une espèce de chant de sirène couvrait les cris et les gémissements d’Alain, le seul type de la planète Terre ayant connu l’extase... Alain se fit enculer par toute sorte d’appendices. Pris par tous les trous il roula de nombreuses pelles à toutes ces bouches voluptueuses, il se fit tailler des pipes, il en tailla, suçotant avec frénésie tout ce qu’il pouvait. Léchant, se faisant lécher, caliner, caresser, tripotant chaque renflement, chaque boursouflure... Il allait d’orgasme en d’orgasme, de vibrations prodigieuses en frissons extatiques. Des jus coulaient : il lappait. Des odeurs inconnues l’excitaient de plus belle : il respirait. Xénia Ossussrup était une orgie à elle seule, elle était un prix Nobel du sexe. Au bout de quelques heures, on entendit un autre chant, plus grave celui-là : c’était l’orgasme de Xénia. Alain fut pris dans un tourbillon étrange, comme une nuée ardente, comme une brume sirupeuse : il passa d’une fente démesurément élargie à une autre. Xénia le fit passer par toutes ses chattes toutes ses fentes. Les tentacules vibraient, partaient dans tous les sens, les organes érectiles rougissaient, tout le corps de Xénia tremblait dans des spasmes convulsifs. Alain ressortit par une fente du bas, tandis que Xénia s’affaissait à côté de lui, épuisée à mort. Roger n’avait rien vu : son cerveau avait été mis en veilleuse par Xénia. Au bout de quelques dizaines de minutes, tous trois sortirent de leur état semi-comateux. Alain était guéri : il n’avait plus de pustules, plus de tronche de cake, plus rien. Et il se sentait en grande forme. Roger l’avait bien dit. Un bruit sourd suivi de cris étranges les fit se précipiter vers un conduit commun à deux galeries ascendantes. Un black, très musclé, hurlait des fuck à tout va. Il avait l’air blessé. Encore un touriste qui s’est fait avoir par la mafia locale pensa Roger. Encore un con de culturiste qui s’est perdu en route pensa Alain. Le black se rapprocha du trio. Xénia apparut et mis en fuite le malchanceux black qui en perdit même son passeport. C’était un certain Jasper. Après ce petit incident, Roger pris congé de Xénia. Cela ressemblait à un au revoir en forme d’adieu : Alain et Xénia étaient tombés amoureux. Ils partirent pour 51 Peg b, planète d’origine de Xénia2 . (A suivre)
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