28 décembre 2005
Le devoir d'être heureux... enfin: de n'être pas malheureux!
Peut-être qu'un jour on comprendra que le travail tue. L'activité humaine, le labeur, la besogne, l'ouvrage sont, au contraire, "vitaminés" et permettent la joie de vivre. Hélas, certains n'ont pas le choix ou ne se le donnent pas. Dans ce cas, on peut tout de même s'en sortir en"faisant autre chose", en vivant sans consacrer son existence uniquement au boulot.
Ce fait, qui pour moi est une évidence (petit fils d'une musicienne d'un côté, et d'une tapissière à façon, fils d'une comédienne et d'un décorateur de théâtre,j'ai vu comment les métiers -pas les "emplois"- peuvent créer une certaine manière d'être paisible et de vivre bien), en surprend encore certains. Il faut vivre pur aimer ce qu'on fait! Et d'abord, aimer quelque chose à faire.
Ce n'est pas forcément une question de milieu ou de classe, sinon par mentalité et représentation. J4ai vu des menuisiers, des épiciers s'épanouir dans leur travail.Je me souviens de M. Seigneur, le fromager passionné, et passionnant du marché d'Aligre. Je me souviens d'un paysan passionné par les pommes, d'ouvriers "coulonneux" ébouis par les pigeons-voyageurs, d'ébénistes fiers de leur savoir-faire, etc. C'est refuser la malédiction habituelle, comme celle de l'idéologie des "damnés de la terre".Etre heureux est un devoir, disait Goethe. Et surtout pour les autres: rien n'est plus nocif que la fréquentation des mal-aimant de la vie, des fourvoyés du travail.;*Ils nuisent à leur entourage et donennt un sérieux cou de blues à ceux qui s'enthousiament, aiment, ont l'énergie de remettre leur vie en question, voire de prendre des risques... CAr faire ce qu'on aime peut coûter cher, dans ce monde ou chacun ne se justifie que par la souffrance!De là toute la persécution des artistes, de ceux qui pensent par la hargne désespérée des fascismes ouvriéristes.
Didier Daeninx exprime la découverte qu'il fit de cet état d'esprit construceur:
Les hasards de l’existence ont fait de moi un écrivain :la crise de l’imprimerie m’a jeté sur le bord du chemin, à la fin de la décennie soixante-dix, et j’ai employé le temps qui m’embarrassait à écrire un livre qui a été publié…/Au début, je m’asseyais à ma table de travail à huit heures du matin jusqu’à midi, puis autant après déjeuner. Des jours entier sans rien coucher sur le papier. Je faisais semblant d’aller au boulot. J’ai mis près de dix ans à me défaire de l’horloge qu’on avait mis dans ma tête et à comprendre que le travail ( dont l’étymologie est trepallium, un instrument de torture à trois pals) pouvait se confondre avec la passion et non avec la douleur./ C’est sûrement ça le défi majeur du millénaire au seuil duquel nous avançons notre ombre : réconcilier l’ativité humaine et le plaisir.
Didier Daeninckx , préface de Victoire Perdrot, Sauf dimanches et jours de fête, 2001.
Publicité
Commentaires