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orlando de rudder
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23 décembre 2005

Pourquoi aimer?

La neige en pente, comme une dalle, recouvre la pelouse inclinée. A flanc de côteau, on vit quand même. Tout penche, sauf l’humain qui se veut droit. Le ciel s’en fout. Pourquoi aimer ? Ca me rend malheureux. J’ai soif d’alcool trop fort. J’en boirais volontiers à m’en péter la tête ! Je voudrais perdre haleine, j’ai du souffle en dedans, même quand je gravis cette grande rue qui monte, au village, n’importe où : il a fallu qu’un jour l’image de l’ascension m’écoeure au point de me faire alpiniste en moi-même ! Ainsi ai-je cultivé un souffle inutile, un souffle d’espoir qui pète dans ma tête et me rend malheureux. Tout penche sauf l’humain qui se veut droit ! Pourquoi aimer ? voilà : il est des possessions d’immobilier intime et j’ai voulu aussi appartenir à quelque patrie de chair. Real estate : Cette femme me fit oublier ma présence ! Je ne fus qu’habitant de ce terroir, j’en devins patriote : ma femme, ô mon pays… Ainsi ai-je cultivé un souffle inutile, un souffle d’espoir qui pète dans ma tête et me rend malheureux. L’exil m’a éloigné des collines de sa peau. Je voudrais perdre haleine, définitivement. Je m’offre, certains soir, des nostalgies slavoïdes. De vagues errances de l’âme. Je cultive avec soin le pleurnichouillis veule, genre tzigane d’opérette au violon fiel et miel aux cordes qui ne sont que mes veines vieillotes : Elles viennent de mon cœur. Et ce violon mesquin saigne laborieusement la mélancolie rance de : L’amour ? Y’en a plus ! Ô, toi, celles que tu fus, mon pays perdu ! Je cours évidemment après le soleil pâle, après le soleil bas de l’hiver qui s’étire comme une chat fait de glace et d’ardente froidure. Je voudrais perdre haleine, dans le frimas ça fume. Le vent du Nord ricane. Les boulots sont trop droit. Je t’ai aimée naguère. Le ciel s’en fout. Mais le temps grimpe et grimpe pas à pas vers l’oubli, sauf que je résiste, moi : Tout penche sauf l’humain qui se veut droit. J’ai soif d’alcool trop fort. Pourquoi aimer ? Cette ascension vers toi m’écoeure maintenant. Je me suis arrêté à mi-chemin. A flanc de côteau, on vit quand même. Je t’ai quittée, patrie de chair, territoire d’amour, te voici paysage, géographie fortuite oubliée de l’oubli. Pourquoi aimer ? L’exil est ridicule. Et dire je voulais m’élever vers comme un calice ! Devenir fleur de ton jardin. C’est l’hiver : La neige en pente, comme une dalle, recouvre la pelouse inclinée.
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